Renvoyée de par sa signification même au diminutif  souvent évoqué d' "épisio", comme coupée de son essence, le terme et l'acte qu'est l'épisiotomie est et demeure une pratique courante, abusive, cruelle et souvent nocive pour la femme qui enfante.

On entend régulièrement dans le discours de jeunes accouchées : "j'ai eu une petite épisio (sic)" ... On prend soin de choisir des mots visant à diminuer, minimiser  la gravité de l'acte, voir justifier son utilisation presqu'évidente aux yeux de la plupart d'entre nous. On n'en parle pas ou peu, persuadés que c'est un mal pour un bien. Dans nos pays, l'accouchement est devenu un acte médical, dénaturé de par les nombreuses interventions intempestives et plus que discutables sur le corps des femmes, et l'épisiotomie fait partie sans conteste des gestes inutiles, voir nuisibles qui entourent un moment pourtant si particulier qu'est la naissance.

Coupée dans son périnée (muscle qui soutient l'appareil génital et urinaire), la femme  baignée par sa culture où la croyance autour de l'épisiotomie est de véhiculer qu'elle est un acte quasi systématique (surtout lors d'unpremier bébé), ressent ce passage comme une banalisation de l'accouchement ainsi que les pratiques obsétricales y afférents. Dépossédée de la confiance en son corps à mettre au monde son bébé, la femme s'en remet souvent impuissante et confiante aux mains - et ciseaux - d'obstétriciens impatients, pressés et qui ne savent finalement même plus au juste pourquoi ils choisissent de couper le périnée de la parturiente. La réelle nécessité et justification médicale de l'épisiotomie reste relativement rare.  On en arrivedonc à des chiffres vertigineux, dépassant les 50% pour les primipares ! (Dernière enquête périnatale DGS-Inserm de 1998)

Pourtant on on la dit indolore (il faut savoir que c'est lors d'une contraction que le périnée est coupé), utile et même nécessaire pour éviter les déchirures. FAUX, archi faux ! Bien au contraire, elle provoque des déchirures du 3ème degré, voir du 4ème degré (du vagin à l'anus), qu'elle ne prévient donc pas comme on prétend à le faire croire ! Le décubitus dorsal (la position "pieds dans les étriers") anti naturelle puisque contraire aux lois de la gravité, la péridurale (anesthésie partielle  lors de l'accouchement), les forceps (outil d'extraction du bébé ressemblant à des spatules), l'ocytocine (hormones de synthèses qui provoquent artificiellement les contractions utérines), enfin toutes les conditions dans lesquelles les femmes accouchent aujourd'hui provoquent les importantes déchirures que l'épisiotomie est censée prévenir !

Il est bon de savoir qu'une déchirure naturelle cicatrisera, dans la plupart des cas, plus rapidemment et mieux, préservant les cellules des tissus, qu'une incision à divers endroits du périnée coupant dans les tissus cellulaires et laissant des cicatrices visibles et invisibles. Je pense aux mamans césarisées qui savent ce qu'est une cicatrise qui reste "sensible" et ce même après des années.

Personnellement, j'ai subi une épisiotomie lors de mon premier accouchement qui m'a longtemps fait souffrir physiquement et moralement, allant jusqu'à perturber ma vie sexuelle ( Voir "Lettre ouverte à Madame la Gynécologue") Par choix, j'ai accouché de mon deuxième enfant à la maison, pas d'épisiotomie, pas de déchirue, pas d'éraillures...pas d'intervention médicale inutile. Tout ceci est possible aussi en milieu médical. N'oublions pas que choisir, c'est une facette de la liberté individuelle.

Si vous voulez en savoir plus, le site "Informations sur l'épisiotomie" est très bien documenté sur le sujet.

Episiotomie : rengainez les scalpels !