Rakagnak est mon deuxième enfant, il était âgé de 10 mois lorsqu'il a eu pour la première fois un spasme de sanglot. Un soir de février, épuisé par une journée bien chargée, il n'avait dormi qu'à peine 3/4h, je lui avais donné un bain pensant que ça le détendrait. Tout allait bien sauf que lorsque j'ai commencé à l'habiller, il s'est mis à pleurer très fort (je sentais bien que c'était des pleurs de "je n'en peux plus, je suis à bout..."), et subitement - alors que le pleurs venait de démarrer - je n'ai plus rien entendu, plus rien n'est sorti de sa bouche, plus un son, plus un souffle et je l'ai vu "partir", ses yeux se révulsant vers l'arrière. Il était tout mou, sans aucune réaction, inerte et ses lèvres bleutées. Je l'ai redressé de son matelas à langer doucement, sa tête est tombée et il ne réagissait toujours pas...délicatement, je l'ai installé sur mon épaule et l'ai légèrement tapoter dans le dos et là quelques secondes après, il s'est réveillé comme si de rien n'était ...respirant normalement !
Je tremblais comme une feuille morte, me suis mise à pleurer à chaudes larmes et lui qui ne comprenait rien de rien...J'ai immédiatement compris qu'il s'était évanoui mais ne savais pas trop quelle attitude adoptée. En tout cas, cet épisode a été très impressionnant. Bigoudi n'avait jamais eu cela, je me sentais complètement désemparée de voir mon bébé qui ne respirait plus.  Comme si les émotions qui le submergeait étaient tellement fortes, que son corps et sa petite tête n'ont pas réussi à gérer leur flot d'où la syncope.

Dans la soirée et en discutant avec d'autres mamans, je me suis souvenue avoir lu des témoignages sur les spasmes de sanglot quelques années auparavant et, en fouillant sur le net, je me suis rendue compte que mon fils avait bien vécu un spasme de sanglot, souvent associé par des professionnels de la petite enfance (sic) à un "caprice" de l'enfant, une colère, une manière pour l'enfant d'attirer l'attention de l'adulte etc...  J'ai été choquée de lire de tels propos mais pas tellement étonnée vu la place qu'occupe l'enfant dans notre société. Il n'en demeure pas moins que de telles inepties ont la vie dure et perdurent dans les moeurs (cf ci-dessous extrait d'un site qui a la prétention de se dire "Encyclopédie Médicale" !!!). La preuve c'est que lorsqu'on tape dans un moteur de recherche "spasme de sanglot" voici les abérrations sur lesquelles on tombe et les étiquettes qu'on colle sur l'enfant et les parents...

"Il s'agit souvent d'enfants hyperactifs, turbulents, opposants et coléreux. Il existe une anxiété maternelle et familiale manifeste.

Le spasme du sanglot est très spectaculaire pour les parents non-initiés. Il provoque de leur part une réaction de surprotection dont profite outrageusement l'enfant. De peur de déclencher de telles crises, les parents n'osent plus rien refuser à leur bambin qui se comporte alors en maître tyrannique. Ces spasmes se produisent d'ailleurs sélectivement lorsque l'enfant se trouve en face de certains membres de sa famille particulièrement faibles ou crédules...!"

D'ailleurs, lorsque j'ai relaté cet évènement à un pédiatre, il m'a conseillé de baffer mon enfant. Oui, vous avez bien lu, donner une baffe à un bébé qui, aux prises avec ses émotions déjà si intenses, devait en plus subir physiquement la peur de son parent. On m'a aussi parlé d'épilepsie, que ce serait bien d'aller faire des examens à Rakagnak au cas où...Les gens pensent être bienveillants en donnant ce genre de conseils (et des professionnels de la santé de surcroît !) mais en même temps, ils transmettent leur propre peur, et même si j'essaie d'être à l'écoute de ce que je ressens moi en tant que maman de Rakagnak, ce n'est pa simple d'avoir suffisamment de discernement, car il est certain que ça aurait pu être plus grave. Ayant bossé en hôpital, j'avais déjà eu l'occasion d'assister à de "vraies" crises d'épilepsies et cela me paraissait évident qu'on ne parlait pas de la même chose, fort heureusement.

J'ai appris que dans pareille situation, il fallait simplement souffler sur le visage et près des narines du bébé afin de lui faire reprendre connaissance. J'ai appris, grâce à une copinaute qu'il existait des traitements homéopathiques qui pouvaient aider l'enfant. Bien sûr, ce genre de remèdes, pour être efficaces, recquiert une visite complète faite par un homéopathe compétent. Par la suite, ce genre d'épisode s'est reproduit occasionnellement et malgré que je connaisse les gestes à avoir, je me rends compte que ce qui reste le plus difficile à gérer, ce sont avant tout, les personnes qui sont autour de nous et qui ne savent pas de quoi il s'agit. Alors à bon entendeur...