L'Uni-Vers de c@tant

Un peu de tout...Grossesse, allaitement, éducation respectueuse, environnement, écologie, cuisine bio facile, anecdote, tout ce qui colore notre quotidien de près ou de loin :-)

jeudi 2 octobre 2008

Allaiter, c'est la norme

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S'il est vrai qu'il peut paraître surprenant, choquant voir même carrément inconcevable de voir dans notre société un bambin téter et marcher, avec les années, je me retrouve de plus en plus en décallage constant avec mes pairs (de seins hahaha), je ne saurais plus dire au juste si c'est moi ou la dite société qui est "malade". Certes, je suis névrosée mais qu'à cela ne tienne, j'en ai déjà conscience, ce qui me paraît pas mal comme premier pas vers une possible guérison.

Allaiter est la norme chez les mamifères et donc chez les humains (hé oui, je le rappèle à la mémoire de certains qui ne s'en souviendraient pas ou ne voudraient plus pas s'en souvenir). La preuve en est c'est que si cela n'était pas le cas, cela ferait bien fort longtemps que notre espèce aurait eu de grosses difficultés de survie...comme j'ai déjà entendu des bébés élevés au jus de carottes ! Il y a encore quelques décennies de cela, c'était soit le lait maternel, soit la mort infantile dans la grosse majorité des cas, malgré les tentatives de substituts via les laits animaux.

Et puis, l'ère industrielle a fait son apparition avec le recours aux nourrices. La grand-mère de Mr catant prend toujours un plaisir certain à raconter qu'elle avait nourrit en son temps un bébé autre que le sien, et que mon beau-père a de ce fait, ce qu'on appele un "frère de lait"...c'était donc il n'y a pas si longtemps que cela ! Et puis l'aseptisation et la pasteurisation sont apparues et avec elles, l'introduction des laits animaux, dont celui du lait de vache bien connu sous le nom de "lait en poudre/industriel/artificiel"...une des réussites industrielles les plus importantes, ça va sans dire lorsqu'on sait le nombre de bébés nourris de cette façon !

Or, la composition des différents laits de mamifères varient en fonction de l'espèce, loi biologique indiscutable. Le lait maternel est un liquide vivant dont la supériorité est absolue et parfaitement adapté à notre espèce. Les avantages concernent tout d'abord la santé, mais ils sont aussi nutritionnels, immunologiques, développementaux, psychologiques, sociaux, économiques et environnementaux.

L'allaitement saboté tous les jours

Mais, ce que je déplore toujours beaucoup énormément, c'est que le personnel censé être le mieux placé sabote allègrement, pour la majorité, l'allaitement des jeuns accouchées, sans scrupules. A croire que certaisn sont payés au nombre de sabotage par les lobbies industriels. On minute les tétées, on règle la fréquence, on donne des biberons d'eau et/ou des "compléments", on brandit le "pèse bébé" à tout va (décidemment cette société aime les chiffres !) avant/après chaque tétée, on contrôle tout, tout le temps...On ignore les poussées de croissance ( à 3 jours, 3 semaines, 6 semaines, 3 mois, 6 mois, ...et je peux vous dire qu'il en existe d'autres bien après...) Et on s'empresse de faire des conclusions hâtives et mythiques qui ont la vie dure : pas assez de lait, lait pas assez riche,...Or, comment une femme serait-elle capable de construire un bébé durant 9 mois et du jour au lendemain ne remplirait plus ce rôle ? Ce n'est pas aux femmes à porter le poids de cette culpabilité mais bien au personnel souvent incompétent en matière d'allaitement...et je vous passe les inepties à faire hérrisser les poils d'un chauve !

Les conséquences du non allaitement sont nombreuses et malheureuses. Sur le long terme, on ne connaît pas encore réellement les conséquences sur l'espèce humaine ayant été nourrie au lait de vache. D'un point de vue nutritionnel; certains chercheurs comparent un biberon à un "fast food" !!! On sait que le lait industriel a tué plus qu'il n'a sauvé de vies (cfr le scandale de l'eau non potable en Afrique avec l'introduction du lait industriel, chaque année le lait industriel tue 1 500 000 enfants dans les pays en voie de développement et 4 bébés pour 1000 dans les pays industriels). Sachant que le lait industriel est fait de lait de vache et donc adapté au départ pour les veaux qui doivent doubler leur poids de naissance en 2 mois, il y a de quoi être effrayés. La composition du lait artificiel est invariable, le goût inchangé d'une préparation à l'autre,...On lit régulièrement des bébés qui refusent ou ne terminent plus leur biberon, et c'est une des raisons pour laquelle la diversification est alors avancée à 4 mois au lieu de 6 mois). Les préparations industrielles ne possèdent pas l'immunité adaptée pour le bébé, le lait maternel étant vivant, il est comme le sang, transporteur de tout ce dont le corps a besoin pour vivre. Il contient des cellules vivantes, des molécules biologiquement actives...un cocktail optimal pour bien grandir.

D'un point de vue psychologique, on sait également que les enfants ayant accès au sien à la demande ne se développent pas de la même manière que les autres. L'OMS recommande l'allaitement exclusif jusque 6 mois et puis avec diversification jusque 2 ans. Personnellement, je suis intimement convaincue que le sevrage précoce génère une frustration refoulée à l'âge adulte et pouvant induire des comportements agressifs entre autre. De plus, je pense que la relation d'une mère à son bébé allaité aussi longtemps qu'ils le désire l'un et l'autre est puissante, sécure et respecte les besoins fondamentaux de l'être humain. C'est donc bien une relation qui va au-delà d'une simple relation alimentaire, c'est une véritable nourriture affective. La mère étant la seule source pour y trouver la sasiété...

Un premier billet d'introduction sur ce vaste sujet qui me tient tant à coeur...D'autres suiveront, il y a encore beaucoup à en dire !

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mardi 16 septembre 2008

Mise au sein précoce

Pour optimiser les chances de réussite de l'allaitement, il est bon de savoir qu'un bébé né à terme et en bonne santé voit son réflexe de succion a son point culminant environ 1/2h après l'accouchement. Si ce moment propice est entravé, le réflexe du succion peut diminuer pour les 36 prochaines heures...Et on peut donc aisément imaginer les conséquences pour l'allaitement.

L'idéal est donc de laisser le bébé ramper jusqu'au sein de sa mère dès sa venue au monde. Son odorat et le réflexe de fouissement le guideront jusqu'au mamelon, qu'il saisira pour cette première tétée de bienvenue. Cela facilitera d'une part le bon démarrage de l'allaitement et d'autre part évitera les difficultés de succion.

Je suis toujours émue et ne me lasse pas de (re)voir ce moment si particulier qui a lieu juste après la naissance...Cette force que le bébé va puiser pour être au plus près du corps et du coeur de sa mère.

En image, une petite vidéo.

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lundi 21 juillet 2008

Sevrage d'un lien lacté

Cette fois je peux le dire haut, fort et fièrement :  mon Amandine, à 4 ans et 3 mois, est définitivement sevrée.

Après la naissance de Maxence en mai de l'année dernière, j'avais donc opté pour un co-allaitement, ma fille ayant continuer à téter tout le long de ma grossesse. Seulement la fatigue aidant, après plusieurs mois d'un allaitement en tandem à une cadence bien rythmée, mon corps me mettait en garde criant "stop" de nombreuses fois. D'un commun accord, nous avions alors opté pour diminuer, durant quelques semaines, les tétées (matin et soir) pour très rapidemment en arriver à une seule tétée le soir. Je sentais que ce rituel de séparation était important pour elle, que sans cela, elle ne pourrait que difficilement trouver sa place au sein (;-) ) de cette nouvelle harmonie familiale qui se dessinait voilà plusieurs mois. Et puis, cette unique tétée, aussi petite et courte soit-elle devenue, me pesait, me freinait, et parfois même - n'ayons pas peur des mots - me dégoûtait de par le rejet que j'éprouvais au contact de sa bouche sur mon sein. Comment était-ce possible de ressentir cela, moi, qui durant des années, n'aurait pu imaginer nourrir autrement mon enfant ?... Sans doute parce que ma limite était atteinte. Hors de question de me faire violence, de ne pas me respecter - sans cela je sais bien que prôner une éducation où le respect est un pillier central aurait été un non-sens -, je me devais donc d'être honnête avec ma si douce, ma si accroc de la tétée depuis plus de 4 ans. Je me souviens avoir ressenti pour la première fois ce rejet lors de la semaine qui a précédé mon accouchement, sans doute était-ce lié aux hormones, déjà en place en vue d'un accouchement imminent ? Toujours est-il que nous avons donc opté pour un sevrage en douceur, les tétées du soir n'étant plus qu'une fois sur deux, voir moins en fonction des situations. Je caressais depuis longtemps le doux rêve du "vrai sevrage naturel", celui que j'avais lu dans les nombreux livres sur l'allaitement, mais aussi à travers les différents témoignages de mères allaitantes au long cours.  Seulement, ma réalité était tout autre. Je ne me sentais plus bien d'allaiter deux enfants à la fois. Je m'imaginais un enfant qui très naturellement se détacherait presque spontanément du sein, sans pleurs, sans cris, ni heurts. J'étais encore loin de toute cette sereinité lue et espérée à bas bruit puisqu'Amandine manifestait clairement son mécontentement à chaque tétée de son petit frère. Je l'accompagnais du mieux que je pouvais, mais ressentant en moi une ambivalence troublante : est-ce que c'est ce que je veux vraiment ? Il allait de soi que tant que je n'étais pas au clair avec moi-même et mon désir profond de sevrage, les choses n'allaient pas 'couler de source', bien au contraire. Amandine s'est donc arrêtée de téter durant plus de 2 mois, un peu 'forcée' de par un discours auquel il n'y avait pas moyen de déroger, pensant que cette solution était devenue la seule issue possible pour nous deux. Pour moi, nul doute, elle était sevrée et j'en étais la première à me réjouir...sauf que d'allaiter mon puiné devant elle devenait parfois contraignant, comme lorsqu'on voit quelqu'un manger du chocolat alors qu'on est au régime...Quelle frustration !

Puis, début juillet, pour la première fois en 4 ans d'allaitement, j'ai un canal qui se bouche. Ca m'est tombé dessus en une heure de temps. J'ai ressenti de vives douleurs dans le sein droit, me suis mise à trembler et ai ressenti le besoin impérieux de me coucher. J'ai eu de la fièvre malgré la prise d'un antidouleur. Et le lendemain matin, il y avait toute une zone rouge sur le sein malade, très sensible au toucher. Je ne voyais qu'un seul échappatoir à cette douleur lancinante, et afin de contribuer à une guérison rapide : refaire téter Amandine. Parce qu'avec un Maxence qui gesticule dans tous les sens lors des tétées, ce n'était physiquement que très peu supportable et puis, contrairement à sa soeur, il n'est pas aussi "addict à la tétée". Je lui expliqua clairement les raisons pour lesquelles je voulais qu'elle retète, si toutefois elle était d'accord, ça va de soi ! Les yeux écarquillés de malice laissant entrevoir dans l'iris la roue en marche d'un bonheur impossible à dissimuler tellement la proposition était alléchante, la réponse verbale n'avait plus aucun secret, son regard suffisait à lui seul à me montrer toute la gratitude d'une telle solution : téter pour aider maman a guérir, que demander de plus ? Je laissa ma grande puce, retéter avidemment...sans aucune difficulté à mon grand étonnement  soulagement :-) Elle n'avait certainement pas perdu ce réflexe inné de succion...remarquablement efficace puisqu'au bout de 48h, je me sentais bien mieux, la fièvre ayant totalement disparu.

Le lendemain, voyant que j'allais mieux, Amandine me demanda si elle devait (sic) encore téter pour me soulager. Je fus la première surprise de cette remarque, et lui demanda si ça lui avait plu de retéter. C'est alors qu'elle m'avoua "Oui, mais... tu sais hier lorsque tu m'as dit de téter encore, je n'avais plus envie - silence - il y avait beaucoup, beaucoup de lait et c'était pas bon...je suis grande maintenant, je ne vais plus téter". Je pense que le goût du lait ou du moins sa consistance dû au canal bouché l'a rebuté et ne s'y attendant pas, elle n'a pas osé me le dire d'emblée.

Cela fait 15 jours qu'Amandine n'a plus téter et surtout ne m'a plus du tout demander/parler de son désir de téter, même en présence de Maxence qui s'en donne du coup à coeur joie.

Je m'étonnerai toujours de voir à quel point la nature fait si remarquablement bien les choses, dans la façon dont notre corps - voix royale de l'expression de nos sentiments et émotions parfois impossible à (se) dire car peu ou pas ou difficilement accessible - s'exprime. Mon interprétation vaut ce qu'elle décrit, mais reste pour moi l'explication la plus plausible. Pour que ce sevrage puisse être vécu sereinement par nous deux, mon désir profond était celui que ma fille elle même se détourne du sein. A aucun moment, je n'ai parlé de cela avec Amandine, autres qu'en terme de "j'aimerais que tu arrêtes de téter". La nature a repris ses droits, elle m'a donné la possibilité en quelque sorte de m'aider à sevrer ma grande fille, qui alors d'elle même, a pu expérimenter ce rite d'initiation qu'est le sevrage naturel, rite par lequel une étape se termine dans la douceur et la joie pour laisser place au déployement d'une nouvelle aventure sans lait mais toujours avec Amour.

Le lait que te donne ta mère, il te désaltère toute ta vie, Esther Mujawago

                                       

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dimanche 1 juin 2008

Le goût du lait maternel

La première mise au sein fut assez rapide, environ 40 minutes après la naissance. Un moment magique, très particulier : un mélange d’émotions très intenses mais aussi  d’étonnement. Ce si petit bébé qui tétait goulûment et qui déformait mon mamelon ! Désormais, le lien lacté avait pris le relais du cordon qui nous reliait depuis neuf mois.

J’avais accouché d’un « bon » bébé de 3.850 kilogrammes qui avait une très bonne succion et qui, 3 jours après la naissance, reprenait du poids de façon fulgurante pour enfin tout récupérer dès notre retour à la maison. C’est également lors de la troisième nuit que j’ai eu ma montée de lait, plutôt discrète, contrairement à ce que j’avais entendu (douleurs, engorgements,…). A la maternité, on m’avait bien entendu donner les « directives » pour allaiter : toutes les 3-4 heures, voire 5h maximum. La  première nuit, Amandine s’était réveillée toutes les 4-5 heures. La deuxième nuit fut nettement plus difficile : elle n’arrêtait pas de pleurer. En jeune mère que j'étais, on ne m'avait pas prévenu, j'étais totalement désorientée me sentant impuissante de voir hurler mon bébé des heures durant. Sous l’encouragement des SF de l'hôpital, j’ai donné la sucette mais elle la recrachait faisant mine de vouloir vomir. C’est alors que la relève de l’équipe de nuit est arrivée. Une infirmière m’a demandé si elle avait déjà reçu un biberon d’eau… « Il fait très chaud vous savez, il faut bien qu’il boive votre bébé ». Je ne comprenais pas, il me paraissait logique, qu’à lui seul l’allaitement suffise. Elle me rétorqua : « certainement pas, c’est comme si on vous interdisait de boire lors de grosses chaleurs ! ». Culpabilisée par ses propos, j’acceptai qu’on donne à « boire » à mon bébé qui se calma aussitôt. Une bonne partie de la nuit, mon bébé pleurait…avec une tétée toutes les 3 heures ! Malgré le peau à peau fréquent, la peur de remettre « encore » mon bébé au sein et épuisée par les pleurs inconsolables d’Amandine, j’appela l’infirmière de nuit pour qu’elle me vienne en aide. Il est trop tôt pour la tétée me dit-elle, je vais la prendre avec moi pour vous laisser dormir. A ce jour, je suis encore très affectée par cette séparation infondée et bien trop précoce pour un si petit bébé. Résignée, fatiguée et pleine de remords, j’acceptai sans broncher. A peine sorties de la chambre, j’étais effondrée par mon incapacité à être mère : je ne suis pas une bonne mère, je ne suis même pas capable de m’occuper de mon bébé ! Mais comment allais-je donc faire au retour de la maternité ??? A sept heures, on me ramena Amandine pour la tétée. Pauvre petite puce ! Elle crevait la dalle…

De retour dans notre nid d’amour (ouf), une certaine euphorie, peur et excitation m’envahirent : j’étais responsable de ce petit être complètement dépendant de moi. Les seules choses que j’avais retenues par rapport à l’allaitement sont qu’il fallait que je me fasse confiance ainsi qu’à Amandine et de varier les positions afin d’éviter les crevasses. Amandine a 10 jours, c’est la première pesée post-accouchement. Verdict : + 60 grammes ! « Madame, votre bébé prend peu de poids blablabla… » Vous aurez deviné la suite....sauf que cette fois, je m’étais parée de bonnes adresses et notamment La Leche League. Déterminée plus que jamais à poursuivre mon allaitement, ce fut le premier coup de téléphone à mon animatrice LLL….L’hypothèse faite : une confusion sein/tétine !  En une semaine, Amandine avait repris…440 grammes ! Et la pédiatre de me dire : « Heuu, là c’est quand même un peu de trop… ». Faut savoir… !

Les semaines qui suivirent, tout coulait de source, je savourais cet allaitement et  redoutais, chaque jour qui passe, le sevrage et le retour au boulot. C’est à cette période que j’ai appris qu’allaiter et travailler pouvaient se marier !

Six semaines après la naissance d’Amandine, est arrivé le moment le plus difficile et douloureux de tout mon allaitement. A présent, je ne crois pas que cet évènement me soit arrivé « par hasard » :

Mi-juin 2004, nous avons fêter comme c'est le cas chaque année, l'anniversaire de ma belle-mère et pour l'occasion, nous avions mangé Thaï. La soirée, la puce tète à sa guise comme d'habitude. C'est seulement le lendemain fin de matinée que les choses se sont compliquées...Amandine manifeste qu'elle veut téter, je la prends et lui offre le sein. Là, elle tète mais se retire aussitôt comme si mon lait n'était "pas bon". Je lui propose l'autre sein même scénario mais l'envie de téter reste présente. De nature anxieuse, j'essaie de relativiser et me dit qu'elle ne va quand même pas se laisser mourir de faim et que finalement elle n'a peut-être pas faim. Les heures défilant, mon bébé pleurait mais refusait toujours de téter, l'angoisse montait, je me culpabilisais de faire ressentir mon anxiété et du coup m'en voulait encore plus pensant que ça en devenait la cause de ce refus de téter. Bref, le cercle vicieux! Vingt heures, je craque, ma fille de 6 semaines n'avait quasi rien téter de la journée, mes seins étaient prêts à exploser (à l'époque je n'avais pas de tire-lait, ne connaissait pas l'expression manuelle). Bref, j'étais seule face à mon désarroi de jeune maman. Je ne voyais qu'une issue par peur de déshydratation pour mon bébé : les urgences.

Après les différents va et viens des infirmières, elles me proposent de "stimuler" mon bébé car il pourrait souffrir des intestins (coliques). Effectivement, après stimulation au thermomètre ( !!!) ma puce défèque une selle énorme mais ne semble pas aller mieux pour autant puisque elle ne tète toujours pas! Un médecin généraliste vient la voir (je ne dirais même pas l'ausculter car son stéthoscope était son seul outil de travail!). Il ne voit rien, ne comprend pas : le bébé est éveillée, tonique,...mais il faut qu'elle s'hydrate me dit-on. C'est là que ma hantise depuis toujours arrive : le biberon de lait artificiel! La mort dans l'âme, prise de panique par ce refus, cette "pulsion de mort" de mon bébé à rejeter mon sein, je lui donne en pleurs ce lait artificiel. Sur les 150 ml, elle n'en boira que 100ml et refusera le reste! Mon Dieu que ce moment fut difficile à vivre pour moi. Moment le plus traumatisant de mon allaitement!

Je suis donc rentrée chez moi meurtrie, n'ayant aucune réponse à mes doutes, mes interrogations et ne connaissant toujours pas la raison pour laquelle mon bébé avait refusé de s'alimenter cette journée...La nuit fut tout aussi horrible puisqu'à cause du stress émotionnel vécu et le biberon de lait artificiel, ma fille a dormi 10h d'affilées!!! Seule et unique nuit « complète » depuis un an… Entre-temps, je précise, que j'ai réussi à acquérir un tire-lait manuel avec lequel j'ai tiré 250 ml en deux fois durant la soirée.

Engorgée des 2 seins au petit matin et décidée plus que jamais à redonner envie à ma fille de se nourrir à mon sein, je la réveille en douceur et lui propose le sein...et là, bouleversée, ma fille hape goulûment mon mamelon et je pleure de joie.....Mon bonheur est intense et la pression de ces dernières 24h est relâchée. Ce dimanche, elle fera une tétée sur deux mais la confiance en moi me regagne lentement. Le jour d'après Amandine retétait pour mon plus grand plaisir.

Je pensais jusqu'à aujourd'hui que le bébé qui refuse de téter à cause du goût n'était que mythe...maintenant je suis convaincue que cela existe! Je n'ai, jusqu'à ce jour, trouver aucune autre explication. Une chose positive que j'ai retenu de cette mauvaise expérience est celle de savourer à chaque tétée le bruit inlassable de la déglutition et le plaisir de voir son bébé nourrie, choyer, aimer au sein!!! Et qu'à cela ne tienne, j'irais aussi loin dans l'allaitement que notre désir à toutes les deux nous portera!

PS : Enfin, j’ai également fait trois candidoses mammaires dont la première ayant duré plus de trois mois !!! Et ce, à nouveau, par manque d’informations de la part du corps médical ! C’est lors d’une réunion LLL (où j’ai rencontré Sophie et Bénédicte d’ailleurs pour la première fois), qu’une consultante en lactation a pu enfin établir un diagnostic fiable ! Avant cela, je suis passée par un généraliste, une dermato, …

Ce récit a été écrit il y a près de 4 ans. Tout juste l'âge de ma puce mais aussi la durée de notre lien lacté qui vient de s'achever il y a à peine 2 semaines. Semé d'embûches par la désinformation et les mythes qui ont la vie dure, nous sommes parvenus, grace à la volonté à passer à travers ces débuts parfois diffciles, voir douloureux. Nous avons traversé l'expérience d'un allaitement avec grossesse mais aussi celle d'un lien particulièrement fort et riche, le co-allaitement. Une aventure s'achève, d'autres nous attendent, toujours plus belles, plus fortes...car le lait que te donne ta mère, il t'hydrate pour toute la vie ;-)

Posté par catant à 23:45 - Allaitement - Commentaires [0] - Permalien [#]
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