L'Uni-Vers de c@tant

Un peu de tout...Grossesse, allaitement, éducation respectueuse, environnement, écologie, cuisine bio facile, anecdote, tout ce qui colore notre quotidien de près ou de loin :-)

mardi 12 août 2008

Le concept de continuum

Le concept de Continuum ou A la recherche du Bonheur perdu de Jean Liedloff.

Un incontournable dont j'avais lu pas mal d'extraits déjà et que j'ai dévoré en quelques jours juste après la naissance de mon fils. S'il ne fallait qu'en garder un, ce serait celui-là ! Il a mon âge et pas une ride :-)

Résumé :  (inspiré par Jeanine Barbe)

Le Bonheur, nous l'attendons, nous le cherchons parfois, souvent...longtemps. Avec des projets et objectifs qui se profilent à l'horizon. "Quand j'aurais mon nouveau boulot, je serais vraiment heureux..." Et surtout "quand, je possèderais ceci, mon bonheur sera à son comble". Le plaisir reste éphémère, sans profondeur, sans paix, sans séreinité. Illusion, mirage. Le Bonheur est aussi un concept devenu commercial aussi et pourtant il ne s'attend et ne s'atteint pas, il est là à portée de nous, en nous depuis la nuit des temps.

Jean Liedloff a vécu plusieurs années dans la jungle Amazonienne (Venezuela) auprès des Yekwanas et des Sanemas. Elle a été frappée par la joie de vivre toute simple de ces tribus, et par le contraste saisissant entre la façon de prendre soin des enfants (et des bébés en particulier) chez les Yekwanas et dans nos sociétés occidentales. Cet ouvrage démontre de façon magistrale comment notre façon d'accueillir nos bébés et de prendre soin d'eux a un impact énorme et durable sur nos vies.

Durant sa première année, le bébé est constamment porté par sa mère (phase "dans les bras") et l'accompagne dans toutes ses activités. Au fur et à mesure de sa croissance, le bambin puis l'enfant participe à la vie de la tribu, il n'est jamais grondé ou puni et ne met jamais sa vie ni celle des siens en péril, malgré les multiples dangers de la jungle. Chacun reconnaît en lui dès sa naissance un être naturellement 'bon' dont la sociabilité est innée.

Jean Liedloff va décrire les « attentes » du continuum c'est-à-dire la séquence naturelle des expériences que les millions d'années d'évolution ont préparés pour les êtres humains dès leur conception. Ainsi, de la même façon qu'un poumon « s'attend » (est préparé pour) à recevoir de l'air, le bébé au moins jusqu'à sa première année « s'attend » à être en contact continu avec sa mère, jour et nuit. Il est dans le continuum de sa mère, et elle "s'attend" tout arton66naturellement à ne jamais le poser, à l'allaiter à la demande, elle est très finement accordée à lui et répond sans tarder à ses besoins. Cette circularité est un des points clés dans le concept du continuum : le nouveau-né se trouve dans le continuum de sa mère, et elle est dans le continuum de tous les membres de sa tribu qui sont dans le sien propre. En grandissant, il imite tout naturellement ses aînés et ses parents qui ne le contraignent jamais, de quelque façon que ce soit, à obéir. La joie de vivre est la norme à tout âge lorsque les attentes du continuum sont comblées de façon appropriée.

Les expériences manquées du continuum ne peuvent être simplement sautées. La puissance du continuum est phénoménale, à chaque rupture, le continuum tente de se rétablir de toutes les façons possibles (il n'y en qu'une qui soit appropriée: l'expérience prévue par les millions d'années d'évolution) et ce sont ces ruptures qui sont à l'origine du mal-être généralisé de nos sociétés occidentales. Par exemple, le manque de la phase « dans les bras » serait selon l'auteure, à l'origine des comportements addictifs (cocaïnomanie par ex et en ce sens Willi MAURER rejoint Jean Liedloof) et de la sexualité compulsive chez l'adulte.
Après avoir décrit les attentes du continuum, les répercussions des expériences manquées, Jean Liedloff nous invite à reconsidérer notre mode de vie afin de remettre les forces du continuum à l'oeuvre.

Et voici sa conclusion : « je crois sincèrement qu'à partir du moment où une maman sert le continuum de son bébé (et donc aussi le sien), son instinct déstabilisé par sa culture se réaffirmera et retrouvera ses motivations naturelles. Elle ne voudra pas déposer son bébé. Ses pleurs parleront à son coeur, non bafoué par une quelconque école de pensée à propos de l'éducation des enfants. Si dès le départ elle adopte les gestes corrects, je suis persuadée que son instinct ancien ressurgira, car le continuum est une force puissante qui essaie sans cesse de se faire entendre. La plénitude que ressentira la maman en agissant en accord avec sa nature contribuera à rétablir son propre continuum, bien plus que la théorie qu'elle a pu trouver dans le présent livre ».

Ce livre traduit en plusieurs langues, est et demeure une source d'inspiration unique pour découvrir et aller au-delà de la trilogie allaiter/materner/porter et tenter de visualiser « l'entièreté » de notre vraie nature humaine. Il est une invitation à entrer au contact de nos *instincts* primitifs de vie et d'en ressentir profondément la justesse, au-delà de toutes les théories.

Si vous voulez en savoir plus encore, un extrait sur le Blog "Faisons avancer les choses"

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dimanche 13 juillet 2008

Alice MILLER

Je découvre cette auteur, son site, ses ouvrages. Je bouillonne d'avancer dans mes lectures que je viendrais éditer au fur et à mesure sur ce post.

Je démarre avec "Notre corps ne ment jamais"

Résumé

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"Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie..., c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire, et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger ; de l'autre, il y a notre esprit et notre volonté conditionnés par la morale et l'éducation traditionnelles à aimer et honorer, quoi qu'il arrive, ces mêmes parents. Ce livre nous montre, à travers de nombreux exemples - notamment les vies d'écrivains célèbres- les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais aussi qu'il existe, aujourd'hui, des raisons d'espérer. Non, nous ne sommes pas obligés d'être les " bons " enfants de nos parents s'ils nous ont fait du mal et s'ils continuent de pratiquer le chantage affectif. Oui, c'est notre responsabilité que d'être attentifs aux signaux d'alerte que nous envoie notre corps. Oui, au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l'histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l'espoir de naître à une authentique liberté intérieure."

Paru dans "Lien social" (novembre 2004) par Jacques Trémintin

Les enfants maltraités sont nombreux à espérer, toute leur vie durant, recevoir enfin l'amour qu'ils n'ont jamais eu. Les sentiments qui les relient à ces parents dont ils attendent tant, relèvent d'un attachement pathogène, mélange de peur, d'attentes et d'illusions. Celles et ceux qui ont connu dans leurs jeunes années l'affection et la compréhension n'ont aucune difficulté avec leur vérité. Pour les autres, qui n'ont pu bénéficier de cette relation bonne et sécurisante, la pression morale de la société leur laisse comme seule alternative le refoulement d'un sentiment interdit. C'est que, venant du fond des âges, règne encore le quatrième commandement de Moïse, reproduit dans le code civil napoléonien : " tu honoreras ton père et ta
 mère ". Or, pour honorer ses parents, encore faut-il apprendre à ne pas ressentir la haine qu'ils méritent parfois. Le conflit entre ce qui est ressenti au plus profond et ce qui doit l'être pour se conformer aux normes gravées dès le plus jeune âge, se traduit souvent sur la santé tant psychique que physique. Car la cécité émotionnelle constitue un luxe extrêmement coûteux et souvent autodestructeur. Le corps étant la source de toutes les informations vitales qui ouvrent la voie à plus d'autonomie et de conscience de soi, il sait aussi se manifester quand il y a déconnexion des véritables émotions.
Alice Miller nous propose justement dans son dernier ouvrage de passer en revue ces écrivains, poètes ou philosophes qui ont payé de leur santé et de leur vie le déni d'une violence éducative subie dans leur enfance. Évoquant tour à tour Arthur Rimbaud, Nietzsche, Kafka, Virginia Woolf ou Marcel Proust, elle détaille ce que leur œuvre ou leur vie reflète de cet
engrenage de l'automystification de leur histoire. Mais le plus terrible est de trouver ces êtres qui devenus adultes réalisent leur vengeance non contre ceux qui sont responsables de leurs malheurs mais contre leurs propres enfants ou dans le cas de dictateurs comme Hitler, Staline, Mao ou Saddam Hussein contre des millions de personnes innocentes. Mais une telle destinée
 n'est pas une fatalité. Encore faut-il que les enfants victimes trouvent un accompagnateur lucide, un témoin secourable qui, renonçant à toute neutralité, les aidera à déchiffrer le langage du corps, en le relayant au passé subi. Mais, trop souvent, affirme Alice Miller, les thérapeutes sont imprégnés de cette morale traditionnelle faisant référence au quatrième commandement. Trop encombrés par leur propre passé, ils ne savent que minimiser la responsabilité parentale et ignorent tout aussi souvent que les vieilles blessures ne peuvent cicatriser que lorsque les victimes ont réussi à abandonner leurs attentes d'enfant. Seule la lucidité face à ses ressentis permet alors de libérer la capacité à s'estimer, à se respecter et à déployer toute sa créativité. 

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samedi 28 juin 2008

Mère et bébé l'un contre l'autre

Lorsque mon fils est né, j'ai eu l'occasion de lire ce fabuleux bouquin. Une véritable révélation pour moi, recoupant le chemin déjà entamé quant à l'importance du respect de la naissance. Ce livre est déroutant et captivant de par sa justesse, sa pertinence. Willi MAURER est pour moi une référence et je ressens encore très fort aujourd'hui, l'envie d'un jour entamer une thérapie de type émotionnel et corporel, qui me paraît incontournable pour mettre sens à mon histoire, pour aller là où notre mémoire nous fait défaut parce qu'immature, mais là où notre corps, nos cellules ne peuvent oublier. La naissance est un passage dont nous ne mesurons pas totalement l'ampleur en termes de construction de l'individu. Il est temps que nous nous réveillons, que nous prenions pleinement conscience de ce qu'est une mise au Monde, et surtout des actes, souvent déstructeurs, qui l'entoure. La séparation mère-bébé est tapie au fond de nous laissant la trace du manque, celui de ce moment clé qu'est l'attachement. Quelques secondes d'un traumatisme invisible à l'oeil nu, mais lourd de toute une existence, à mettre en place des stratagèmes pour retrouver ce qui nous a tant manqué, ce qui nous a divisé de notre nature profonde : l'attachement et l'appartenance.

Résumé du livre

C'est au moment qui suit immédiatement la naissance, quand mère et bébé se trouvent l'un contre l'autre, que se forge le sentiment d'appartenance. La maman reconnaît son petit et celui-ci se sent exister grâce à cette reconnaissance. Une séparation, même momentanée à l'instant de sa venue au monde crée chez le nouveau-né un terrible sentiment d'abandon, de manque, d'impuissance. Il passera sa vie à bâtir des stratégies pour y échapper (insatisfaction, peurs, besoin de plaire, colères, haines, maladies... ). Or, nos sociétés modernes en Willymédicalisant à outrance l'accouchement (césariennes, soins post-partum...) privent le bébé de l'indispensable contact avec sa mère. A travers ses expériences de thérapeute, sa propre évolution et divers témoignages, Willi Maurer décrit les conséquences effrayantes de l'absence de reconnaissance : enfance agitée, perte de repères, délinquance, comportement asocial, vulnérabilité aux manipulations. Les répercussions en sont visibles aux niveaux personnel, familial, social, mondial. Une réflexion troublante qui nous convie à prendre conscience de notre propre faille, à dépasser notre sentiment d'impuissance et à naître à notre instinct de vie. Et aussi une invitation pressante à reconsidérer les conditions qui entourent la naissance.

Animateur-thérapeute suisse, Willi Maurer accompagne des personnes dans leur démarche de développement personnel par un travail émotionnel et corporel

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lundi 23 juin 2008

Mon livre de chevet (Juin 2008)

Cette fois-ci, c'est d'un roman dont il s'agit : "L'élégeance du Hérisson" de Muriel Barbery, conseillé par une copinaute, j'ai hâte de commencer. Un petit résumé :

H_risson

"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " 

J'ai tourné la dernière page de ce roman il y a quelques jours et, comme après la découverte d'une nouvelle saveur, je n'arrête pas de me remémorer avec plaisir et nostalgie à la fois, le goût si particulier que m'a laissé en mémoire ce magnifique ouvrage. Il est piquant d'élégeance ;-)

Avec "L'élégeance du hérisson", c'est tout mon être qui est en émoi, qui se réveille. Tout se serre à l'intérieur, je vis avec intensité chacun des personnages qui me sont très vite devenus familiers. Un peu de moi en chacun d'eux ou bien un peu d'eux en moi ? On goûte à une incroyable palettes d'émotions et de sentiments. C'est fin, délicat, subtil, audacieux,arrogant, joyeux, réaliste...mais aussi et surtout tellement vrai, si proche de l'essence même du beau-ô-coeur, du chaud, du doux, de l'invisible, de la beauté de la Vie.

Je suis bouleversée par tant de justesse, par tant de délicatesse dans ce style hors du commun. A présent, 'les camélias sur mousse', n'auront plus la même place dans mon coeur, ainsi que 'les toujours dans les jamais'.

La fin, je ne vous dit rien, enfin si : je n'ai cessé de pleurer à chaudes larmes...

Merci Madame Barbery.

Posté par catant à 14:39 - Coin lecture - Commentaires [6] - Permalien [#]
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