L'Uni-Vers de c@tant

Un peu de tout...Grossesse, allaitement, éducation respectueuse, environnement, écologie, cuisine bio facile, anecdote, tout ce qui colore notre quotidien de près ou de loin :-)

mardi 9 septembre 2008

Mon projet : Accompagner la parentalité

Afin de peaufiner au mieux mes projets professionnels, je voulais vous soumettre à la lecture de ce billet mes réflexions sur une idée d'atelier pour accompagner les parents et l'arrivée de leur bébé. Pour m'aider à y voir plus clair, je vous serais reconnaissant de ne pas hésiter à me soumettre vos remarques et réflexions sur le sujet, ceci dans le but de peaufiner au mieux mon plan de travail en m'expliquant, par exemple, ce que vous auriez aimer qu'on vous conseille/dise lorsque vous étiez parents en devenir ? A votre avis, sur quel(s) sujet(s) devrais-je mettre l'accent ? etc...

En quelques mots, je vous expose ce projet :

Cela va faire plus de quatre ans que je suis passionnée par le domaine de la périnatalité et du maternage "proximal" en général. Etant moi-même maman de deux enfants, je souhaiterais à présent pouvoir accompagner des mamans ou des couples qui attendent un bébé. Je verrais cet accompagnement plutôt comme des ateliers (il y en aurait 5 à 6 c'est encore à travailler) dans lesquels nous serions amener à faire ensemble un "tour de table". Un chemin ensemble, pour le couple mais aussi avec moi où  je serais présente en tant qu' informatrice et guide en quelque sorte. Mon rôle consisterait donc à accompagner mais aussi à informer le couple sur ce qu'est la naissance dans un premier temps, et ce qu'induit l'arrivée d'un premier bébé dans un second temps.

Je serais dès lors amenée à les interroger sur l'histoire de ce bébé (conception, déroulement de la grossesse, éventuel projet de naissance - s'ils en ont un-, etc...). De par ma formation en tant que thérapeute et si l'occasion se présente, je chercherais s'il existe des barrières psychologiques ou une quelconque pathologie qui pourrait compromettre et entraver un accouchement physiologique, ceci afin de mettre en lumière avec les parents les éventuelles peurs et attentes face à la naissance du bébé. A partir de là, nous parlerons de ce qu'est un accouchement physiologique et le déroulement de celui-ci lorsqu'il se passe sans interférences médicales. Nous ferons le tour des aspects les plus importants tels que l'intimité, la liberté de mouvement lors du travail et durant la poussée, l'importance d'écouter son corps, etc... et de la douleur bien sûr. Pour cette dernière, je pense qu'un atelier entier devrait y être consacré car la douleur est un sujet méconnu par les futures mamans. La douleur ne se dit pas ou de façon déformée, est tabou autour de l'accouchement, on n'ose pas ou peu en parler alors que la mère est souvent pleine d'appréhensions, de peurs et de questions. A côté de cela, il serait intéressant, il me semble, de se pencher sur les dangers et les conséquences des interventions médicales inutiles et intempestives lorsque l'accouchement est physiologique (péridurale, instruments d'extraction -ventouse, forceps...- ocytocines (hormones chimiques provoquant les contractions utérines), déclenchement, travail et poussée en décubitus dorsal avec risque de déchirement plus important dû à cette position anti-gravité, épisiotomie, lavement, rasage, soins du nouveau-né dès son arrivée, etc...)

Ensuite, nous parlerons de la naissance et de la rencontre avec bébé, ce moment crucial où l'attachement a lieu. J'évoquerais l'importance du toucher, de l'allaitement, du peau à peau, ... Pour l'allaitement, je pense également qu'un atelier complet devrait avoir lieu; le démarrage de celui-ci dès les premières heures de vie, éviter tout autre aliment, sucette/tétine, à la demande, les différents positions d'allaitement, etc...Bien sûr, je fournirais les adresses utiles à cet égard afin d'optimiser les chances de réussites de l'allaitement (Leche League Belgique). Parrallèlement, seront évoqués la relation de "nourriture affective" qu'apporte le fait d'allaiter. Ensuite, nous parlerons du portage et de ses bienfaits mais à nouveau, pour des renseignements et pour la pratique, je fournirais les adresses d'animatrces de Portage (Parents Partages asbl)

Etant donné que le bébé humain naît de façon "prématurée", j'expliquerais rigoureusement les besoins impérieux et indispensables du bébé pour un développement harmonieux. Besoin de téter, besoin de contact avec le portage, mais aussi le co-dodo, besoin de répondre aux pleurs, plaisir de massages, du bain, des soins naturels, etc...

Mon objectif premier est d'abord d'amener les parents à avoir une autre vision de la naissance et du déroulement de celle-ci, en apportant les informations utiles pour acceuillir leur bébé dans les meilleures conditions. Et surtout, surtout de leur faire prendre conscience qu'ils possèdent en eux toutes les capacités nécessaires pour poursuivre leur histoire d'amour à 3...



mardi 19 août 2008

Episio/tomie ou Mutilation Génitale ?

Renvoyée de par sa signification même au diminutif  souvent évoqué d' "épisio", comme coupée de son essence, le terme et l'acte qu'est l'épisiotomie est et demeure une pratique courante, abusive, cruelle et souvent nocive pour la femme qui enfante.

On entend régulièrement dans le discours de jeunes accouchées : "j'ai eu une petite épisio (sic)" ... On prend soin de choisir des mots visant à diminuer, minimiser  la gravité de l'acte, voir justifier son utilisation presqu'évidente aux yeux de la plupart d'entre nous. On n'en parle pas ou peu, persuadés que c'est un mal pour un bien. Dans nos pays, l'accouchement est devenu un acte médical, dénaturé de par les nombreuses interventions intempestives et plus que discutables sur le corps des femmes, et l'épisiotomie fait partie sans conteste des gestes inutiles, voir nuisibles qui entourent un moment pourtant si particulier qu'est la naissance.

Coupée dans son périnée (muscle qui soutient l'appareil génital et urinaire), la femme  baignée par sa culture où la croyance autour de l'épisiotomie est de véhiculer qu'elle est un acte quasi systématique (surtout lors d'unpremier bébé), ressent ce passage comme une banalisation de l'accouchement ainsi que les pratiques obsétricales y afférents. Dépossédée de la confiance en son corps à mettre au monde son bébé, la femme s'en remet souvent impuissante et confiante aux mains - et ciseaux - d'obstétriciens impatients, pressés et qui ne savent finalement même plus au juste pourquoi ils choisissent de couper le périnée de la parturiente. La réelle nécessité et justification médicale de l'épisiotomie reste relativement rare.  On en arrivedonc à des chiffres vertigineux, dépassant les 50% pour les primipares ! (Dernière enquête périnatale DGS-Inserm de 1998)

Pourtant on on la dit indolore (il faut savoir que c'est lors d'une contraction que le périnée est coupé), utile et même nécessaire pour éviter les déchirures. FAUX, archi faux ! Bien au contraire, elle provoque des déchirures du 3ème degré, voir du 4ème degré (du vagin à l'anus), qu'elle ne prévient donc pas comme on prétend à le faire croire ! Le décubitus dorsal (la position "pieds dans les étriers") anti naturelle puisque contraire aux lois de la gravité, la péridurale (anesthésie partielle  lors de l'accouchement), les forceps (outil d'extraction du bébé ressemblant à des spatules), l'ocytocine (hormones de synthèses qui provoquent artificiellement les contractions utérines), enfin toutes les conditions dans lesquelles les femmes accouchent aujourd'hui provoquent les importantes déchirures que l'épisiotomie est censée prévenir !

Il est bon de savoir qu'une déchirure naturelle cicatrisera, dans la plupart des cas, plus rapidemment et mieux, préservant les cellules des tissus, qu'une incision à divers endroits du périnée coupant dans les tissus cellulaires et laissant des cicatrices visibles et invisibles. Je pense aux mamans césarisées qui savent ce qu'est une cicatrise qui reste "sensible" et ce même après des années.

Personnellement, j'ai subi une épisiotomie lors de mon premier accouchement qui m'a longtemps fait souffrir physiquement et moralement, allant jusqu'à perturber ma vie sexuelle ( Voir "Lettre ouverte à Madame la Gynécologue") Par choix, j'ai accouché de mon deuxième enfant à la maison, pas d'épisiotomie, pas de déchirue, pas d'éraillures...pas d'intervention médicale inutile. Tout ceci est possible aussi en milieu médical. N'oublions pas que choisir, c'est une facette de la liberté individuelle.

Si vous voulez en savoir plus, le site "Informations sur l'épisiotomie" est très bien documenté sur le sujet.

Episiotomie : rengainez les scalpels !

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mercredi 2 mai 2007

La Naissance de Bigoudi ou Le Miracle de l'Amour

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Le contexte :

J'ai donc accouché dans une maternité maternité en Belgique. J'ai été suivie lors de cette grossesse par une gynécologue obstétricienne peu humaine, avec une péridurale inefficace (pour mon plus grand bonheur j'ai pu vivre, malgré la douleur, mon accouchement !), des hormones de synthèses (ocytocines), sans le droit de boire quoique ce soit (!!!), et enfin une épisiotomie à mon humble avis tout à fait inutile.

Je tiens à préciser que ce récit a été écrit huit jours après la naissance de ma petite Bigoudi. Bonne lecture !

Le Récit :

Jeudi 22 avril : en me levant je m’aperçois que j’ai des pertes plus importantes et différentes. Pas de doute, pour moi, c’est le bouchon muqueux…Je suis impatiente et surexcitée à l’idée que quelque chose va bientôt se produire mais quand ? Je savoure ces derniers jours avec mon gros ventre et mon bébé que je sens si bien…La fin de grossesse est proche, l’accouchement et la rencontre sont imminents, je le sais, je le sens…

Vendredi 23 avril : Rendez-vous avec ma gynéco à 9h15 à qui je fais part, avec une certaine fierté, que je pense avoir perdu le bouchon muqueux la veille…Sceptique, elle m’examine et me dit : « mais votre col n’est ouvert qu’à un petit doigt… »
Moi, je sens dans mon corps que « ça » travaille et que les choses ne devraient plus tarder.
12h00 : monitoring dans l’après-midi qui révèle de petites contractions que je ne sens même pas ! Rien de régulier, elles sont anarchiques .La soirée se passe mais les contractions se font plus présentes et de plus en plus ressentir…j’ai des petites douleurs dans les reins…
Nuit plutôt agitée : je me réveille à plusieurs reprises mais les contractions restent toujours gérables. Les choses se précisent.

Samedi 24 avril : les contractions sont toujours là espacées de 7-8 minutes parfois 10. Je décide de ma reposer toute la journée et d’attendre qu’elles se déclarent de façon franches et régulières…je commence a vraiment avoir mal et j’utilise ma respiration. Je suis plutôt zen et tellement heureuse de savoir que d’ici peu je ferais la rencontre tant attendue avec un petit être né de notre amour. Lorsque je me lève du lit, j’ai mal, je respire, pffff et me tiens aux murs de la salle de bain…là, j’ai très envie qu’elles se rapprochent…mon cœur bat vite, je sais au fond de moi que c’est pour bientôt…Un sentiment de peur et d’excitation m’envahit, je verse une larme à l’idée de vivre les derniers instants de femme enceinte…malgré certains désagréments de grossesse, je me sens belle d’être bientôt Maman.
17h30’ : j’ai toujours mal et mes contractions sont bien là, j’en suis sûre, c’est un pré-travail et le vrai est imminent…je demande à mon chéri d’aller faire une vérification à la maternité même s’il est probable qu’on me renvoie puisque mes contractions ne sont pas assez rapprochées…Col effacé à 80% et ouvert à un bon doigt…Rien que ça, je suis déçue mais je suis prête à patienter, après tout ce n’est pas quelques heures qui feront la différence après ces semaines de découverte et de bouleversement. Dans le milieu médical, il appelle cela un « faux travail », je trouve le terme bien moche : d’une part, j’avais aussi mal que pour le « vrai » travail et d’autre part, je pense que le terme « pré-travail » est plus juste, le corps et plus précisément l’utérus s’entraîne pour le grand marathon qu’est de donner la vie.
La douleur étant bel et bien là, je suis en train de douter et me demande ce que vont être les « vraies » contractions alors…La sf semble étonnée que j’ai déjà « si mal » . Je lui explique donc que mes contractions se font ressentir surtout dans mon dos et non dans le ventre…que j’ai un problème de lombalgie sacro-iliaque (je souffre donc d’une excroissance au niveau du sacrum et de la dernière lombaire L5 et j’ai un bassin surelevé du côté droit)…suis mal foutue de l’intérieur moi
Couchés vers 1h30’ du matin après un bain de relaxation, les contractions se rapprochent…mon chéri s’endort et moi je décide de chronométrer…2h30’ c’est parti, elles sont là bien régulières, je n’ose pas y croire...je me répète de ne pas m’emballer ! Et pourtant un mélange de joie, de nostalgie et d’un tas de sentiments indescriptibles se mêlent dans ma tête : nous serons parents d’ici quelques heures, jamais plus rien ne sera comme avant !
Vers 5h30’, je décide de réveiller mon chéri qui se rendort (avec le « faux travail » de l’aprem et l’impatience des dernières semaines, il n’ose plus y croire le pauvre !). Je réitère : « Amour, c’est le moment, j’en suis sûre… ». Et nous voilà parti, direction maternité.
6h30’ : Arrivée sur place. J’attends encore ½ heure dans la voiture, on regarde le temps entre les contractions (ben, oui, c’est notre 1er bébé). On monte par les urgences, une sf vient nous acceuillir, je lui dit que je contracte depuis 2h30 cette nuit…elle m’examine : col effacé, ouverte à 3. Vous êtes en travail Madame, on vous garde…je plonge dans le regard de mon homme, je pleure doucement…en silence. Je suis si heureuse ! On m’installe en salle de travail, me branche au monito. On me demande si je souhaite la péridurale, je dis que je ne suis pas contre mais que tant que c’est possible et gérable au niveau douleur, je vais faire sans…
Je marche, je respire, je prends un bain bulle (il tombe en panne 10 minutes après) pendant une heure…il est 9h30. Re-exam : col ouvert à 4 petits cm…pffff suis déçue. 10h30, re-exam : col toujours au même stade…Je me résigne, j’accepte la péri afin d’accélérer le travail…on m’installe un baxter pour l’hydratation, 10h30’la péri est posée, je n’ai rien senti. On me dit que le travail pour un premier c’est approximativement 1 cm pour 1 heure.
Début d’aprem, vers 13h, col dilaté à 6 malgré une augmentation des doses de syntron ( ?), le travail est lent…très lent. Mon amoureux est à mes côtés durant tout le travail, je lui parle et m’apaise, nous sommes si heureux. Seulement, une heure plus tard, re-exam, le col ne bouge presque plus et la péri n’agit plus, je ressens à nouveau les contractions mais de façon aigues et violentes, je ne comprends pas…je pousse sur le « bolus » afin d’avoir une dose mais en vain…j’ai vraiment mal et ma respiration est indispensable pour supporter ces douleurs dans le dos…je crois savoir ce qu’il se passe. Bébé en descendant dans le bassin fait bouger mon fameux sacrum (ma douleur chronique depuis 6 ans !) et la péri ne peut agir à cet endroit, ce que confirme l’anesthésiste qui revient pour voir si elle doit remettre une dose…après 15 minutes de discussion et un test sensitif (qui vérifie que la péri fonctionne), elle me dit qu’elle ne peut rien faire pour endormir mon dos, le bébé doit descendre et donc je me résigne avec une certaine déception. Maintenant, il va falloir gérer cette douleur…chaque contraction et avancée de bébé me fait ressentir que mon cocxys est mal foutu et mon bassin de travers !
La nature étant assez bien faite, le bébé arrive quand même à s’engager et progresse doucement mais sûrement…Aucune souffrance fœtale pendant le monito et c’est tout ce qui m’importe. Vers 17h, je suis dilatée à 7 cm…pfffff que c’est long, je suis si fatiguée, cette respiration me prend tellement d’énergie que je ne fais presque plus que ça…J’ai du mal à communiquer avec mon homme, je suis tendue tellement je ressens ce qu’il se passe et désespère que les choses n’avancent pas plus vite. Dilatée à 8 les contractions sont très rapprochées, très intenses et régulières, je sens la douleur, que je vis…Mais mon bébé est vraiment très proche de nous.
Vers 18h, je suis toujours à 8, ½ heure plus tard, ma gyné est là, je commence à ressentir de façon très intense l’envie de pousser mais je ne suis qu’à 9 !!! Je suis vraiment TRES fatiguée, n’ai aucun répit…et c’est là qu’on se rend compte qu’on soupçonne bien souvent nos propres ressources intérieures. Je décide, afin de permettre à mon fichu col de se dilater, de faire une concentration psychologique en m’isolant dans une « bulle », ce que j’arrive tant bien que mal à expliquer à mon homme impuissant qui comprend tout de suite que j’ai besoin de lui, d’entendre sa voix mais que je dois m’isoler psychologiquement afin de supporter la douleur…De sa voix tendre, il me parle, m’asperge d’eau, me caresse, m’encourage,…qu’est-ce que je l’aime !!! (et qu’est-ce que j’ai eu soif !!!!)
Mes yeux se ferme, je rentre dans un tunnel et là mon imagination se met en route : je suis dans un endroit de mon enfance à la mer du Nord, et je me promène en m’arrêtant dans les magasins de ma tendre enfance…Je visite tout Middelkerke…Je me promène encore et encore, je mange même une barbe à papa chez le marchand de gaufres…Re-exam de ma gyné : je suis à….9,5cm…j’ai TRES TRES TRES envie de pousser, je n’en peux plus…elle me dit qu’il ne manque vraiment pas grand-chose pour pouvoir pousser mais qu’il faut quand même encore un peu attendre. Mais moi je n’en peux plus d’attendre alors je pousse quand même un peu !!!! Je veux pousssssssssser MOI !!! Elle me dit : « allez, on va essayé…mais je n’y arrive pas tout à fait, je suis desespérée, j’ai l’impression que jamais je n’accoucherais, je sens effectivement qu’il faut encore un tout tout petit peu de patience pour que la poussée soit efficace. Une ½ plus tard, la sf me demande de me mettre à 4 pattes afin que le col soit à 10. Dans un dernier effort, mon amoureux et la sf me redresse, je reste quelques minutes dans cette position et là…une TERRIBLE envie de pousser revient 3 fois sur une contraction d’une minutes, je crie que je ne peux plus attendre…pfffffff .Elle m’examine : « madame, vous allez pouvoir pousser… » Wouhhhhhhhh, je pleure, je pousse un petit cri animalier de bonheur et lui dit MERCI…et là direction salle d’accouchement où les choses se précipitent (vous pensez j’ai attendu ce moment plus de 17 heures…enfin devrais-je dire 9 mois !?) et là je pousse en donnant toute mon énergie…Je suis en train de donner la vie, de mettre mon bébé au monde, je suis la plus heureuse des femmes malgré la douleur. Monsieur, venez, on voit ses cheveux, vous voyez…Je sens mon bébé qui descend, je suis hyper concentrée, chaque contraction est bénéfique dans ma poussée….et en 9 poussées et un petit coup d’épisio (que j’ai également senti mais franchement rien du tout hihi par rapport au reste), je sens la tête qui sort et ça me soulage…….dans le corps et dans la tête. Ensuite, les épaules et le reste de ce petit corps, chair de ma chair, qui passe à travers moi comme une fleur qui s’ouvre et se déploie, mon bébé est là…on me la pose sur le ventre et là premier regard, nous sommes tombés d’amour devant cette si petite chose qui est passé de ce monde aqueux à celui d’air…Ca y est je suis Maman pour la Vie !!! La gyné me demande de pousser pour le placenta…c’est la délivrance (quel joli terme !), elle me recoud Aïe, je le sens mais je n’arrête pas de suivre du regard mon bébé avec mon homme qui suit partout les sf qui s’en occupe.
Bigoudi a donc vu le jour dimanche 25 avril à 19h41’, elle pesait 3.850 grammes et mesure 50.5 cm et nous formons une petite famille remplie de bonheur et de sentiments inexplicables depuis 8 jours…L’allaitement est une véritable réussite et nous sommes fous d’amour pour elle.

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jeudi 20 avril 2006

Lettre ouverte à Madame la Gynécologue

Suite à la venue au monde dans une structure classique et hypermédicalisée de ma Titebulle, mon besoin d'exorciser ma douleur, ma souffrance suite à cette naissance volée est devenue une priorité qui sans ça, n'aurait sans doute jamais pu, voir venir au monde mon 2ème enfant...Ce goût amer d'une naissance purement et simplement volée, dépossédée. Parce que jeune maman en devenir, je n'ai pas pu/su dire non, par peur, sentiment privilégié pour rendre docile un tas de gens dès le plus jeune âge...

Cette lettre a fait couler de l'encre, a été lue aux Etats Généraux de la Naissance en 2006 par une amie de Max PLOQUIN.

A ce jour, mon souhait le plus cher est, avant tout, que les consciences s'éclairent, afin que nous puissons tout mettre en oeuvre pour que d'autres parents puissent avoir le choix de faire venir au monde leur bébé comme ils le désirent et non comme la société leur impose.

Lettre ouverte à Madame la Gynécologue

Madame,

Il y a 33 mois, une vie naissait en moi. Dès les premiers instants, j’ai voulu comme on me l’avait bien appris, me faire « prendre en charge au plus tôt ». Dans la ville où j’habite vous avez bonne réputation et on dit de vous que vous avez de grandes compétences en matière obstétricales.
C’est avec toute ma confiance et ma naïveté que je me suis remise entre vos mains un mois d’août 2003. Avec mon conjoint, nous avons franchit le seuil de votre cabinet où vous nous avez reçu. Vous m’avez questionné sur la raison de ma visite. C’est avec beaucoup de fierté et d’enthousiasme que je vous ai répondu « je crois que je suis enceinte ». Vous vouliez vérifier tout ça et avez pris votre disque, avez calculez une éventuelle date présumée d’accouchement et m’avez regardé avec stupeur comme un enfant qui ment en me disant « mais enfin, comment savez vous que vous êtes enceinte alors que vous n’avez même pas encore de retard de règles ??? » Vous m’avez fait une échographie. J’ai vu un rond tout blanc et vous m’avez dit « il n’y a rien, revenez quand vous aurez un retard d’au moins 10 jours car là on pourra parler de grossesse d’un point de vue médical… »
Nous sommes ressortis de votre cabinet avec beaucoup de déception et sans réponses à nos questions. Mon conjoint m’a directement fait remarqué votre manque total d’empathie et de chaleur humaine.

Ma grossesse m’avait rendue vulnérable et influençable, je ne m’étais pas rendue compte à quel point. J’ai dit à mon conjoint « On va pas rester sur l’impression de cette seule visite, Madame la Gynécologue prend ses précautions au cas où… » Je trouvé des excuses pour poursuivre avec vous dans cette grossesse car à cette époque, je croyais en l’obstétrique et surtout je la voyais comme indispensable au bon déroulement de tout accouchement.

Nous avons donc poursuivi au fil des mois les rendez-vous mensuels dans votre cabinet. Lors de la découverte de ma non immunité à la rubéole vous m’avez réprimandé, m’avez mise en garde sur les risques et vous m’avez terrifié. Cette fois là, je suis sortie bouleversée, envahie par de la colère contre ma mère qui ne voulait pas me faire vacciner enfant et pleine de culpabilité à mon égard de n’avoir pas su que je n’étais pas immunisée. Désormais, pour ma punition, je vivais cette grossesse dans la peur, la crainte et l’obsession qu’à tout moment je pouvais contracté la rubéole lorsque je voyais des enfants.

Les visites se suivirent et se ressemblèrent. On arrivait, prise de sang avec l’infirmière, prise de ma tension, déshabillée, pesée, décubitus dorsal et pieds dans les étriers, toucher vaginal (col long et fermé) et échographie d’une vingtaine de secondes, rhabillage, règlement de visite et merci/au revoir et au mois prochain. Lorsque je vous posais des questions, vous coupiez court rapidement avec un oui/non, vous disiez que j’étais trop stressée, que je me posais trop de questions…peut-être est-ce cela finalement qui vous dérangeait le plus ? Vous me donniez le sentiment que j’étais une récalcitrante. Vous m’infantilisiez sans cesse, vous aviez pris la position de celui qui sait. Vous aviez pris votre rôle en l’associant au pouvoir. Vote diplôme, votre réputation, votre agenda de ministre, et sûrement votre manque d’humanité envers vos patientes vous ont sans doute poussé à n’être plus qu’un gynécologue obstétricien, même plus une femme, une maîtresse, une amie, une confidente, une mère…juste un diplôme dans un cadre en bois, tamponné « Approuvé pour Accoucher (sic) dans notre société ».

Lors du 6ème mois de grossesse, nous avons voulu faire une reconnaissance anticipée de maternité auprès de notre commune. Seulement, il nous manquait un papier attestant que j’étais bien arrivé à 6 mois de grossesse révolus et votre signature. Je vous ai contacté et vous m’avez envoyé gentiment balader me prétextant que ça pouvait attendre le mois prochain. J’ai été très choquée par votre attitude et blessée par votre réaction. J’ai voulu ne plus poursuivre avec vous, je me suis interrogée sur la suite des évènements, j’ai douté mais j’ai eu peur. Peur d’interrompre ce suivi, peur que personne ne veille prendre en cours une grossesse avancée, peur parce que j’allais enfanter pour la première fois…Alors j’ai continué en vous pensant à mes côtés.

Ensuite, le dernier mois est arrivé. Vous m’avez dit que vous partiriez en vacances peu de temps avant ma date présumée d’accouchement calculez minutieusement par votre disque (29 avril 04). Pourtant, je vous avais dit que mon bébé avait été conçu le 01 août et qu’il naîtrait aux alentours du 24 avril. Mais les mesures de votre appareil échographique savaient mieux que moi, que nous, comme toujours.

J’ai accouché le lendemain de votre retour de vacances. C’était il y a deux ans, par un doux et agréable dimanche d’avril que je me suis rendue où vous accompagnez quotidiennement des mamans dans ce moment si crucial qu’est de donné la vie à son enfant. Une fois de plus, j’avais cru très naïvement que vous seriez là durant le travail, ça me paraissait tellement évident. Lorsque j’ai compris au bout de plusieurs heures de travail que vous ne viendriez qu’à la fin, je vous en ai une fois de plus voulue. Comme un enfant qui croit au père Noël, je me suis sentie trahie, abandonné avec mes peurs, mes doutes et ma douleur. Je suis donc restée de longues heures durant gémissant, mon Homme à mes côtés, m’épongeant, me gratifiant de mes efforts, sans cesse m’encourageant dans ce marathon, cet ouragan hormonal qu’est l’accouchement. Soudainement, une irrépressible envie de pousser est arrivée lors d’une contraction, ce que j’ai signalé…On m’a dit que vous terminiez votre café et que vous alliez arriver qu’en attendant je ne devais pas pousser. Mais ce fût plus fort que moi alors j’ai poussé comme mon corps indomptable me le faisait savoir et je l’ai accompagné contre la volonté de votre personnel. Vous êtes arrivé en vous écriant, comme si on vous aviez été bousculée dans votre planning « qu’est ce qu’il se passe ici ? ». Vous m’avez fait un toucher vaginal habillé en civil et quelques minutes plus tard, vous étiez toute vêtue de vert (masque, bonnet, gant, pantalon…). Si je ne connaissais pas votre regard, je ne vous aurais sans doute pas reconnue. A partir de là, vous avez définitivement ôtez toute humanité dans chacun des gestes que vous avez posé sur mon corps et celui de mon bébé…Alors que je savais parfaitement lors de chacune de mes contractions à quel moment je devais pousser, vous m’avez dirigé, encouragé à pousser, et enfin coupé dans ma chair soit par facilité pour vous, soit par habitude, je ne sais pas ? Par toutes vos paroles, vous avez détruit la confiance en moi à enfanter seule. Une fois la tête sortie, vous avez pratiqué à la lettre et de façon rigoureuse le protocole bien connu de votre service. Enfin, pour je ne sais quelle raison encore, vous avez vous-même pratiqué, sans même laisser la moindre chance à mon corps de l’expulser seule, une délivrance manuelle. J’ai eu l’impression que vous m’arrachiez les viscères ! La cerise sur la gâteau c’est lorsque vous m’avez regardez avec votre sourire condescendant et m’avez dit « La prochaine fois Madame D. faites du Yoga ça évitera le ralentissement de votre accouchement » et vous m’avez piqué à vif le premier point qui allait refermé la mutilation dont je venais d’être victime, comme la plupart des femmes primipares qui enfantent dans votre établissement. Je vous ai demandé de m’anesthésier et vous m’avez dit « mais il n’y en a pas pour longtemps ». J’ai serré les dents et est enfouie cette douleur durant des mois dans mon sexe qui lors de chaque étreinte sexuelle m’a rappelé durant des mois combien enfanter avec Madame la Gynécologue devait faire mal.
J’ai quitté votre établissement, convaincue que vous m’aviez si bien aidé à mettre mon bébé au monde, que vous aviez fait tout ce qu’il fallait. Je vous ai même offert un ballotin de pralines à vous et votre équipe.

Je suis rentrée chez moi et des jours durant, cette épisiotomie m’a fait mal physiquement. Lorsque j’allais à selles, je n’osais pas pousser tellement je sentais que ça ne tenait pas…en effet, un point avait sauté (celui de la fourchette). Et puis ensuite la douleur physique a laissé place à la douleur morale des mois durant.

Aujourd’hui, Je tenais à vous dire, Madame la Gynécologue, que je ne fais plus partie du troupeau de moutons endoctriné par votre meute. D’une certaine manière, vous m’avez rendu service en me poussant à la réflexion. Aujourd’hui, je ne suis plus ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Je suis enfin Moi.

Et une page se tourne,….


            Madame D.

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