L'Uni-Vers de c@tant

Un peu de tout...Grossesse, allaitement, éducation respectueuse, environnement, écologie, cuisine bio facile, anecdote, tout ce qui colore notre quotidien de près ou de loin :-)

mardi 21 octobre 2008

Accouchement à domicile

Ca bouge encore et en faveur de l'AAD cette fois avec ces deux articles A LIRE :

L'accouchement à domicile fait des adeptes

Psychologie.com

Copie_de_Amandine_du_03_au_18_nov_2004_407


 Et puis, magnifique hommage avec ce  Portraits de sages-femmes

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samedi 11 octobre 2008

L'après naissance

Suite à une conversation bien enrichissante avec une amie, j'avais envie de partager un sujet un peu particulier dans ce billet : l'après naissance et plus particulièrement, celle pour Rakagnak qui s'est déroulée dans des conditions optimales puisqu'il a vu le jour au sein de notre foyer familial, dans la douceur et le respect. Pas de médicalisation, juste la bienveillance d'une formidable sage-femme, chère à mon coeur. SP_A0249
Ce fut, comme la plupart des accouchements, un moment fort et unique ça va sans dire. D'une part, la naissance elle-même et toutes ses sensations de douleur/plaisir mais aussi la découverte de mon bébé, moment magique, miracle de la vie. Seulement ce que j'ignorais alors, c'est la découverte que j'allais faire ou plus précisément les sensations particulières que j'allais ressentir et découvrir les semaines qui suivirent la naissance et la richesse insoupçonnée qu'allait m'apporter ces précieux moments pour l'avenir . Comme sur un nuage d'ouate, comme bercée par le rythme de l'univers, en accord avec la nature, les hormones me transportaient au ralenti dans le temps. Ce même temps n'avait tout d'un coup plus la même lourdeur, la même pesanteur, la même tension que je lui connaissais. Le tic tac de l'horloge n'amenait plus l'angoisse connue depuis l'enfance. Mes peurs les plus archaïques s'étaient volatilisées en même temps. Une pause intersidérale était apparue dans mon petit univers...Je me sentais intensément bien. Intensément heureuse. Intensément Moi. Jamais auparavant, du moins consciemment, je n'avais éprouvé autant de plénitude. Un sentiment pur, profond, presqu'irréel m'avait arraché pour un temps à la violence et la névrose de ce monde. Je me sentais légère et forte à la fois, remplie d'amour, de douceur, d'écoute, d'empathie à l'égard des personnes... L'impression de n'être que don de moi parce que tout ce que je ressentais ne faisait plus appel qu'à ça, à ce besoin, cette élan de générosité, de foi en la vie et en la nature humaine. Au fond de moi, résonnait un calme impalpable à quiconque me voyait. Comme un secret bien dissimulé, j'étais la seule à profiter de la douceur de ces merveilleux instants. En accord avec moi-même, avec tout mon être;  ma tête et mon corps réunit, sur la même longueur d'ondes, au diapason... quelles sensations ! Je vibrais de tout mon être et même si tout devait disparaître, demain ne serait plus jamais pareil, l'expérience est trop riche, trop intense, trop empreinte en moi. Je me souviens m'être nourrie intensément de ces sentiments nouveaux, parce que je savais que chaque jour qui passait m'éloignait peu à peu de ce que je vivais dans l'ici et le maintenant. C'est une chance énorme qui m'a été offerte là. Je savais qu'il fallait que j'y puise ma force pour les moments plus difficiles...C'est à cette même période, que j'avais lu le "concept de continuum" qui m'avait bouleversé, faisant écho en moi avec d'autant plus de force face à ce que je vivais, ayant l'impression d'avoir touché quelque chose de cette dimension là.

Tout ce que je viens de décrire ci-dessus a duré exactement deux mois. Il m'est impossible d'oublier cette palette indescriptible, ce cocktail explosif d'amour dont je me suis remplie. Désormais, c'est avec une nouvelle force que je démarrais le reste de ma vie...

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mercredi 1 octobre 2008

Soutenir le droit au libre choix du lieu de naissance (pétition)

Soutenir le droit au libre choix du lieu de naissance

Contrairement à d'autres pays européens, force est de constater que la France n'offre toujours pas suffisamment de choix aux futures parents pour la naissance de leur enfant.

- Alors que dans certains pays voisins, les AAD sont considérés comme un choix tout aussi respectable et sécuritaire qu'un autre, en France ils se font rares et sont souvent très mal acceptés par le milieu médical ;

- Malgré que des Maisons de Naissance indépendantes et situées hors des hôpitaux existent dans de nombreux pays européens et mondiaux, en France elles n'ont toujours pas l'autorisation de fonctionner comme elles le
devraient ;

- La fermeture de plus en plus nombreuse des petites maternités ne laisse souvent pas d'autres alternatives aux futures mamans que de faire beaucoup de kilomètres pour aller accoucher dans une « grosse » maternité de niveau 3

- De même, beaucoup de régions n'offrent pas d'autres options aux futures mamans que de donner la vie à l'hôpital où il est encore, dans bien des cas, difficile de faire entendre et accepter ses choix. alors que l'ouverture de plateaux techniques aux sages-femmes libérales serait une alternative intéressante aux futurs parents désirant un accompagnement global.

C'est pourquoi une pétition nationale sur le « Libre Choix de Naissance » a été mise en ligne.

Par cette action, il ne s'agit pas ici de prôner une pratique plus qu'une autre, mais de réclamer plus de choix pour qu'en France, soit respecté la décision de chacune de pouvoir accoucher :

- A domicile ;
- En Maison de Naissance ;
- En pôle physiologique ;
- Dans l'eau ;
- En accompagnement global avec accès à un plateau technique ;
- Ou même en Maternité, en ayant fait ou non un projet de naissance qui puisse être adopté et suivi avec respect.

Comme cela se pratique déjà dans d'autres pays.

Alors si vous aussi, vous trouvez important que ces choix puissent co-exister dans toutes les régions de France et que vous voulez rester libre de choisir où et comment naîtra votre enfant n'hésitez pas à signer et à diffuser largement cette pétition

Merci à tous ceux et celles qui voudront bien nous rejoindre.

Delphine D. Sainsimon
Association « Libre Choix de Naissance »

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lundi 11 août 2008

L'offense de la majorité

Lorsque je parle de mon maternage en général (tous sujets confondus = accouchement à domicile, allaitement long, portage, co-dodo, éducation non violente, etc...) , de la façon dont j'ai choisi d'élever mes enfants mais aussi de les soigner (ce sujet là j'avoue que j'aime nettement moins l'aborder donc je m'y frotte que très peu, la plupart des gens ne comprendraient absolument pas de tels choix me considérant dès lors comme 'inconsciente' et encore plus lorsqu'il s'agit du corps médical -heureusement il existe des exceptions) ça pose souvent de légères à fortes tensions dans les chaumières, surtout chez les mères.

Je me souviens bien de cette scène où, assise tranquillement autour d'un repas, j'expliquais à la grand-mère de mon mari vivement intéressée par le portage ce pourquoi le petit d'homme avait ce besoin d'être porté au moins toute la première année, à l'inverse des oiseaux qui eux, sont nidicoles et nidifuges...Lorsque tout à coup, la copine de mon beau-père a bondi de sa chaise les larmes aux yeux brandissant :  "mais enfin, tu te rends compte de ce que tu diiiis ? Mes filles ont toujours eu besoin de dormir au calme dans une pièce éloignée, bien allongée sur un matelas..." La question qui me taraude alors c'est "Mais que réveille t-on chez ces personnes qui se sentent offensées ?" Et des exemples comme ceux-ci, j'en ai à la pelle...Même s'il est vrai, je me dois de le reconnaître, qu'une once de militantisme quelque peu rigide était née suite à ma première maternité et aux 'découvertes' que j'avais faites à ce sujet, très vite je compris que je ne pouvais à moi seule argumenter, faire changer les mentalités en quelques paroles bien tournées. Non, non, et non, c'était vain et pas très convaincant et je passais pour pédante alors qu'au fond, qui étais-je pour prétendre que ma façon de faire et voir les choses était mieux ? Meilleure, je ne pourrais avoir cette prétention mais plus adéquate, c'est comme ça que je le ressens. J'ai donc pris le parti de mettre une certaine 'distance émotionnelle', et surtout d'accepter que la plupart des gens n'agissent pas comme ça, convaincus du bien fondé d'une éducation classique où la relation de pouvoir et souvent distale est instaurée dès tout petit. Attention, en aucun cas il ne faut confondre cette éducation respectueuse et non violente avec le laxisme permissif ou encore les parents démissionnaires qui sont de réels et graves problèmes dans nos sociétés où l'enfant, n'étant pas confronté à des limites claires, livré à lui-même, peut rapidemment mal tourné. Aussi, l'expérience de la rencontre avec des personnes qui n'avaient pas fait ces choix m'avait appris, que certaines  étaient prêtes à se remettre en question et à ouvrir un dialogue constructif et respectueux et que d'autres, pour des raisons qui leur appartiennent, préféraient se soustraire ou rester sur leur position lors de ce type d'échange, ce qui était leur droit bien évidemment.  Ce n'est pas simple de ménager les susceptibilités car même avec un discours en "Je", de la CNV (Communication Non Violente) et une dose de diplomatie, comment arriver à simplement se faire respecter dans ses choix et opinions, sans que l'autre ne se sente jugé, offensé par des idées, certes fort divergeantes de la norme culturelle, mais pour le moins tout aussi respectables ? La majorité, ayant donné une éducation 'classique', se sent soudain envahie par la culpabilité. De là découle souvent des interprétations abusives où l'autre a compris les choses d'une certaine manière, comme si ce que je disais était implicite...Le plus difficile à accepter pour moi à l'heure d'aujourd'hui, n'a rien à voir avec des choix en total opposition avec les miens, mais bien que ces mêmes personnes se sentent offensées par mes idées, s'en même s'en rendre compte, peuvent manquer de tolérance à mon égard lorsqu'elles imposent leur choix en se permettant de dire :  "Tu devrais faire comme ceci, cela..." "Moi, j'ai fait comme ça et regarde mes enfants vont bien..." "Une claque n'a jamais tué personne"...Cette dernière remarque elle me scie toujours ! Besoin de se rassurer en se justifiant de la sorte ? Peut-être...Moi, même si mes idées dérangent, tant pis, je continue à les répandre comme des petites graines par çi par là à qui veut bien l'entendre, sans imposer mes choix...


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mercredi 30 mai 2007

La naissance de Maxence

Mon (bébé)Cadeau de Fête des Mères

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Dimanche 13 mai : cette nuit là, je n’ai eu aucune contraction contrairement aux nuits précédentes. A 6h45’, je suis réveillée par un « platch », genre bouchon de bouteille de champagne qui me surprend dans mon sommeil, suivit d’une sensation très particulière : douceur, humidité et chaleur entre mes jambes…en un quart de seconde je comprends que la poche des eaux est rompue mais je n’en reviens pas, ne réalise pas,…scénario que je craignais le plus, je ne sais pas au juste pourquoi.
Je saute hors de mon lit comme une flèche, me dirige vers les escaliers et descends dans la salle de bain. L’eau coule sur les marches, il y en a partout ! Je suis surprise de voir la quantité qui s’écoule. Ma tête se met en marche (faut que les neurones chauffent après un réveil si furtif) : aujourd’hui, dans quelques heures, pas de doute, je tiendrais mon bébé dans les bras…gloups, ça y est, mon cœur se serre, ma gorge se noue, des papillons se réveillent dans le creux de mon ventre…j’ai enfin réponse à mes questions : quand, comment, où aura lieu cette rencontre, à présent je suis fixée, l’embarquement a eu lieu il y a environ 9 mois, l’atterrissage est imminent.
Je suis entre réalité et fantasme…Toute la maisonnée dort, je me sens bien, même si la peur a pointé le bout de son nez, ça m’est égal, je vais l’affronter parce que quelque part je sais que nous nous attendions et que celle-ci va m’apprendre à aller plus loin, à me dépasser…
Vers 7h30’, j’envoie un sms à Lily lui disant que c’est le grand jour, qu’elle va devoir se préparer à venir chercher Amandine mais que pour le moment rien ne presse. Comme c’est dimanche, ça tombe bien, elle ne sera pas seule avec les enfants, Harry est là, je suis rassurée, les choses se sont bien mises comme par enchantement (en journée, un WE  )

Ensuite, j’appelle F., notre SF pour lui annoncer que c’est aujourd’hui que mon bébé a décidé de venir. Je lui explique que je n’ai que peu de contractions et pas du tout régulières. Elle me conseille de vaquer à mes occupations, de faire « comme si de rien n’était… » Facile à dire, moi je suis excitée comme une puce !!! Je réveille Antoine, je mange, je chante, j’ai les larmes aux yeux tout le temps…je profite de ces derniers moments avec mon gros ventre, je le caresse, parle à mon bébé et lui dit qu’il me fait le plus beau des cadeaux que de venir à notre rencontre le jour de la Fête des Mères !

Vers 10h, les contractions commencent à s’installer avec un rythme plus soutenu, elles sont à peine plus douloureuses que des menstruations. Avec Lily, on décide qu’ils viendront chercher Amandine vers 11h et partirons à Paradisio. Je trouve l’idée géniale, je sais qu’en compagnie de sa meilleure copine Laura, dans un tel cadre et entourée de la sorte, elle ne pourra que s’éclater ! Je me réjouis de pouvoir me reposer sur Lily, je suis en confiance, je me sens soulagée et vais pouvoir vivre le travail pleinement. Lily c’est énoooorme ce que tu as fait pour nous ce jour là. Je sens également que tant qu’Amandine sera dans la maison, le travail sera ralentit. Je lui donne sa douche, l’habille entre les contractions, et je ressens avec force et énergie tout l’amour qui déborde pour mes enfants, mon homme…comme si l’amour coulait dans mes veines…elle m’offre son cadeau de fête des mères et nous lui parlons de tout ce qui va se passer aujourd’hui. Elle est contente de partir.

Vers 11h, Amandine s’apprête à partir et moi je trépigne d’impatience, j’ai envie et besoin qu’elle s’en aille. Antoine me demande ce que je veux faire, me propose maintenant qu’on est seul de faire un gros câlin, on délire, on ri, on est euphorique, en fait on nage en plein bonheur tout simplement. Finalement, on décide de regarder un DVD de Debooze moi qui adore, je n’arrive pas à accrocher, à entrer dedans,…

Les contractions sont là toutes les 8 minutes et vers midi, je téléphone à F. pour lui dire comment le travail progresse. Elle me propose de la rappeler lorsque les contractions seront espacées de 5 minutes et ce durant plus d’une heure. A peine le téléphone raccroché, elles sont là, toutes les 5 minutes, un peu plus douloureuses, je commence à geindre, ça fait mal.

Vers 13h15’, je rappelle F. lui dit qu’on y est, que les choses semblent se préciser, elle me dit qu’elle va se mettre en route. Une demi heure plus tard, elle arrive avec tout son matériel, c’est impressionnant. Antoine l’aide à tout installer dans le salon et moi je gère dans le fauteuil, des serviettes entre les jambes à éponger l’eau qui s’écoule après chaque contraction. Je sens que F. est détendue, elle s’installe, me demande comment je me sens. Je lui dit que je vais bien, que je me sens bien assise dans cette position parce que c’est « gérable » et que j’ai peur de me lever, peur que tout s’accélère. Elle me dit que c’est important de faire comme je le sens à mon rythme mais que je peux aussi marcher, prendre un bain…Elle me propose un premier toucher vaginal que j’accepte. Verdict : 2 cm. Intérieurement, je suis très déçue car j’ai mal et même plus mal que pour Amandine alors que j’étais à 3 cm. Je sens le mur de la peur qui me retient, qui freine l’entrée en travail. Il faut passer au dessus mais comment y parvenir ?
Après quelques échanges avec F., je décide de me lever et de marcher, de « voir » ce qui va se passer…Très vite, les contractions sont plus intenses, change de force, j’ai peur à nouveau.
Elle est rassurante, me dit qu’il faut y aller à présent, qu’il faut entrer dans la douleur et l’accepter, que chaque fois c’est un peu comme un « niveau » a dépasser. Ca me rassure, je me sens forte à ces mots et en même temps si fragile…Je marche vers la cuisine, geint entre les contractions et je m’effondre soudainement : je pleure à gros sanglots, m’appuie sur le plan de travail, ce sont des cris de peur qui sortent de ma bouche mais aussi des cris de « douleur ravivée »…je comprends que je dois dépasser, lâcher prise…je comprends aussi que je suis en train de pleurer mon précédent accouchement où, à ce stade, j’étais résignée, j’avais accepté la péridurale. Je dis à F. que ça me fait du bien de sortir tout ça, lui demande si c’est normal de pleurer en plein travail. Elle est apaisante, rassurante, me dit que oui ça arrive, qu’accoucher ravive des choses. Je me sens mieux, plus détendue et retrouve doucement confiance en moi. Je dis que la nature est quand même bien faite car l’avantage de perdre les eaux c’est qu’après chaque contractions, j’ai droit à un écoulement de liquide amniotique qui me soulage drôlement….

Après discussion, je fais part à F. que je me sens mal à l’aise qu’elle attende avec Antoine comme ça que quelque chose se passe. Elle me dit que ce n’est pas mon problème mais me demande quand même si je préfère qu’elle reste ou parte. J’accepte qu’elle parte, je sens que j’ai besoin d’être seule pour le moment et que je vais prendre un bain (F. m’avait dit pas de problème)

Dans le bain, je me détends, je crois que j’y resterais une demi heure environ. Je ferme les yeux et m’apaise lors des contractions. Je ressens l’envie de changer d’endroit et d’aller m’allonger dans notre lit à l’étage, je sais que j’y resterais normalement jusqu’au bout. Ca tombe bien, c’est la pièce dans laquelle je suis le mieux et que j’imaginais, malgré les incertitudes, que je mettrais au monde notre bébé. Je m’installe confortablement en mettant le coussin d’allaitement entre mes jambes. Les contractions se rapprochent encore, Antoine est à mes côtés, je commence à utiliser les sons, je teste, j’essaye des sons graves et je trouve un « yayayayaya… » qui me fait traverser à moindre peine les contractions, j’ai l’impression de faire vibrer ma cage thoracique et que ça « masse » la contraction. J’ai besoin de serrer quelque chose avec mes mains, j’agrippe le rebord de notre tête de lit et je serre tant que je peux des deux mains…je douille, ça y est je suis dans la douleur, je surfe sur les contractions comme sur une vague, je prends et accompagne chacune d’elle comme je le sens. Je visualise mon col qui s’ouvre, je parle à BébéCadeau, lui dit que je suis heureuse aujourd’hui, que je sais que tout ceci n’est pas vain car je sens qu’il travaille avec moi, je lui dit que je suis fier de lui, qu’ensemble nous faisons une super équipe et que je sais qu’il va m’aider à aller jusqu’au bout, à me dépasser. Par cette expérience, je me sens soudainement reliée à toutes les femmes qui enfantent.

Très vite, je ressens le besoin de présence féminine de F., je demande à Antoine de la rappeler (ça faisait environ 1h qu’elle était partie), que mes contractions sont fortes. Il doit être environ 16h. Elle sera là rapidement. J’ai envie d’être nue, je ne supporte plus le contact de ma chemise de nuit, j’ai trop chaud.
F. me parle doucement, me masse le bas du dos car c’est là que j’ai vraiment mal. Ses mains sont un contact agréable, je ressens beaucoup de douceur, de tendresse et de « respect » dans chacun des mouvements qui m’accompagne. Elle me propose de m’examiner…j’hésite…mais j’accepte, je suis à 5 cm et malgré que ça ne fait « que » la moitié, je sais que j’ai passé le « plus gros » du travail. J’ai envie que ça s’accélère, je me sens fatiguée par l’intensité des contractions.
A ce moment là, je décide d’utiliser le ballon. Accroupie sur le lit, j’essaie d’abord de le prendre dans les bras pour que mon ventre puisse être dans le vide mais ça ne me soulage pas vraiment. J’essaie alors de m’asseoir dessus et là j’ai l’impression que c’est efficace, je ne fais plus qu’un avec la douleur. Sur le ballon, je me déhanche, ça me soulage, je commence à crier aussi. Je demande à Antoine de pouvoir me pendre à son cou. Il s’assied sur le bord du lit, je me suspends à lui, assise sur le ballon…Tendrement, il veut me caresser mais je le repousse, ne supportant plus le contact qui m’indispose terriblement.

Je ne sais pas au juste quelle heure il était mais après un long moment à me suspendre, à essayer des cris pour soulager la douleur, de mordillage dans le coussin ou sur le pull d’Antoine (et même mon propre bras !), mes yeux se révulsent, j’ai besoin de « partir » de cette réalité, de ce monde, besoin d’aller ailleurs, là où je suis seule à pouvoir aller…Je sais que cette phase est celle qui précède la poussée, je l’avais déjà vécue pour Amandine…je retourne là où je suis bien et préviens Antoine et F. que cette fois, je les quitte, que je dois me déconnecter d’eux…
L’intimité qui m’entoure est bienfaisante, je peux sans crainte, sans pudeur, vivre et faire ce que mon corps me dicte. Je me mets donc à quatre pattes sur le lit, je demande à Antoine de venir devant moi, de me donner un bout de tissu pour mordre dedans, je mets ma tête sur son épaule et comme un cerf à l’attaque, je presse mon front contre son torse lors des contractions. Mes seins piquent. A ce moment précis, je me sens très animal, très mammifère. Jamais de ma vie, je ne me suis sentie aussi forte, aussi remplie d’une énergie indéfinissable. Mes ressources sont décuplées, je m’en rends compte, je fais mal à Antoine avec mes mains.
F. m’explique que maintenant, il est temps que j’amène mon bébé vers le sacrum derrière, là où la douleur atteint son paroxysme. Je suis prête, je parle à mon bébé, lui demande de descendre…il m’a entendu, il descend. Désormais, mon col est totalement dilaté (F. m’a examiné à ce moment là malgré mon refus, je compris par la suite qu’elle se devait de le faire car la poussée était longue d’après elle et que la tête de mon bébé était bloquée), je peux pousser sauf que je n’en ressens pas encore la puissance. J’alterne donc les positions ; sur le flanc, à quatre pattes, assise, à genoux…rien n’y fait, le réflexe de poussée n’est pas encore efficace, ça pousse tout doucement, lentement. Près d’une heure et demi durant, je vais varier les positions pour pouvoir trouver celle dans laquelle je pourrais faire naître mon bébé. C’est alors que je perçois que bébé avance et que ça pousse. Je demande à F. si je peux me mettre debout. Sur le temps que je me lève, je suis prise par une violente contraction qui me cloue genoux à terre tenant mon cadre de lit à deux mains, je crie que ça pousse, que mon bébé s’en vient…« viens bébé, je sens que tu es bientôt là… »
F. est assise face à moi, je me sers de son cordon de pantalon pour m’aider, j’ai envie de mordre à nouveau. Antoine est derrière moi, il observe ce qui se passe. La poussée est douloureuse mais c’est un subtil mélange de douleur/plaisir que je découvre…Un plaisir aussi puissant que la douleur ! Je trouve ça incroyable ! Je comprends mieux dès lors un des aspects de la dimension sexuelle de l’accouchement…Pousser me fait un bien fou ! Chaque contraction me soulage terriblement, tant et si bien que ça me donne un courage du tonnerre pour aider mon bébé à sortir…Je me rends compte que j’ai retroussé mon nez et que je suis en train de grogner. Au moment de l’entrée de la tête dans mon vagin, je sens une étrange brûlure glisser sur les parois de celui-ci…je suis dans un état que je ne pourrais qualifier, je sais que nous y sommes, que là tout près de moi, la tête de mon bébé va arriver…que j’en aurais terminé avec la douleur et que la rencontre est imminente. Antoine se met derrière moi, aux premières loges et dit à Fanny « je dois retenir la tête ? » la tête de mon bébé se démoule doucement, Antoine voit d’abord son front, ses yeux grands ouverts, son nez et son menton…Comme suspendu entre deux mondes, mon bébé est là mais pas encore tout à fait. Antoine retient la tête par peur que tout le petit corps glisse. Les rôles s’inversent, F. prend le relais et me dit que je peux à présent pousser le reste de son petit corps. Une poussée suffira alors à faire naître mon bébé…F. le saisit et me dit « prends-le Catherine, vas-y, prend le il est là… » Assise, le cordon entre les jambes, je saisi mon bébé tout chaud, humide et recouvert de vernix par la nuque et l’entre jambe…je le regarde mais ses yeux sont fermés. Je le mets directement contre moi et regarde Antoine qui est ému comme jamais, les larmes coulent sur ses joues…il ri, il pleure en même temps. Ce qui nous arrive est tout simplement merveilleux. Le temps est comme arrêté. Je lui demande « alors c’est quoi ? »…tout en regardant son sexe…c’est un garçon me dit-il !!! Je regarde notre réveil, il est 21h30’, le soleil se couche et notre bébé est là, près de nous. F. voit que notre bébé respire mais ne crie pas, par acquis de conscience, elle utilise l’oxygène à 2 cm de son nez…moi, je sens que tout va bien. Maxence poussera son premier cri 1/2h après sa naissance. F. n’avait encore jamais vu ça. Il manque encore Amandine et nous serons enfin tous ensemble.

C’est seulement vers 1h du matin, que F. rentrera chez elle. Toute la nuit, j’ai reniflé mon bébé nu contre moi. Je l’ai observé, touché, caressé, bisouté…Tout le monde dormait sauf moi…Comme saoulée par les endorphines, mes 5 sens étaient ultra développé et en éveil et plus rien n’avait d’importance, si ce n’est que cette nuit là, désormais tout avait à nouveau basculé …bienvenue à toi notre fils Maxence

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vendredi 13 avril 2007

Notre projet de Naissance

Si pour une raison ou une autre, notre projet d'accouchement à domicile (AAD) n'avait pu aboutir, nous avions en concertation avec notre sage-femme, pris l'initiative d'un projet de naissance. Le PdN est un écrit permettant au couple (et leur bébé) de mettre par écrit leurs désidératas lors d'une naissance en milieu hospitalier. Afin que celui-ci soit accepté par l'équipe médical, il vaut mieux le soumettre au gynécologue susceptible de prendre en charge la suite des opérations, avec une signature au préalable de ce dernier, histoire de dissiper les malentendus qui pourraient survenir après l'accouchement. Je vous soumets celui que nous avions travaillé, s'il peut être utile ou source d'inspiration...

PROJET de NAISSANCE

Etabli par : Mme/Melle.....................et Mr....................................

Tout d’abord notre démarche se veut respectueuse de tous et n’est en rien péjorative pour votre travail. Après un premier accouchement physiologique difficile et douloureux de par son importante médicalisation, pour cette naissance nous avons fait le choix d’être pleinement acteurs de cet évènement en mettant nos souhaits par écrit. Le but de ce projet de naissance étant qu’ensemble nous puissions tout mettre en œuvre pour rendre cet évènement unique le plus respectueux et chaleureux possible. Chaque souhait a fait l’objet d’une profonde réflexion en accord avec nos diverses lectures scientifiques et nos convictions personnelles. Toutefois, nous gardons à l’esprit que tout le monde n’adhère pas à nos opinions. Et bien entendu, nous comprendrions que dans certaines circonstances, ce projet ne puisse être suivi à la lettre. Notre objectif étant que chacun puisse se sentir à l’aise avec l’autre et que tous retirent un bénéfice de cette « aventure »unique qu’est la naissance de notre enfant.

L’accueil


L’arrivée à la maternité :

*  je ne souhaite aucun rasage pubien,
*  je ne souhaite aucun lavement,
*  Je préfèrerai que les premières observations (tension, contractions, vérification du début de travail…) soient effectuées en présence de mon conjoint et que les constatations nous soient faites,



Accouchement : travail

Accouchement : ceci concerne un accouchement physiologique sans problème particulier. En cas de difficultés, je souhaite avoir accès à des informations claires sur les solutions médicales proposées, et que chaque décision soit prise en concertation avec mon mari et moi même

Au premier stade du travail

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) le traduit par la dilatation du col jusqu’à l’arrivée du désir de poussée et/ou de la dilatation complète

*  Tant que le rythme cardiaque foetal est bon, je souhaiterai n'avoir que le strict minimum de touchers vaginaux et dans la mesure du possible toujours par la même personne, du début à la fin, si aucun changement de garde n’intervient,

*  je ne souhaite pas la présence de stagiaire,

*  j’accepte avec plaisir le soutien empathique de la sage femme, ses conseils pour soulager la douleur des contractions, sa présence, son soutien, sa tendresse …

*  je souhaiterai pouvoir m’exprimer librement (cris, chant, etc…) dans la gestion de ma douleur et ce, sans remarque désagréable,
*  je souhaiterai que mon intimité et ma dignité soient respectées,
*  Si l’état de santé du bébé est bon, je ne souhaite pas que le travail soit déclenché ou accéléré artificiellement, chimiquement ou mécaniquement. De même je ne souhaite pas que le travail soit ralenti chimiquement si l’accouchement n’est pas prématuré et que la poche des eaux ne soit percée artificiellement

*  Je souhaiterai pouvoir aller aux toilettes librement
*  Je souhaiterai être installée avec mon mari, éventuellement ma fille, dans une pièce agréable et calme, où je me sente le moins possible à l'hôpital 
*  Je désire garder la possibilité de me restaurer raisonnablement, de me désaltérer, de pouvoir prendre une douche/bain chaud(e),

*  Je désire pouvoir me déplacer librement et adopter les positions qui me conviendront
*  Plutôt qu’un monitoring en continu, je préfère une auscultation intermittente
*  Je ne souhaite pas avoir d’intraveineuse à « blanc »

Au deuxième stade du travail

L’OMS le caractérise par l’envie de pousser et/ou par la dilatation complète.

*  je ne souhaite pas de sonde urinaire,
*  je ne souhaite pas que l’on me dirige la poussée ; je pousserai suivant mon instinct (poussée expulsive spontanée : soufflante) et sans blocage de respiration
*  je ne souhaite pas la pression sur mon ventre (utérus) pour expulser bébé,
*  je désirerai accoucher dans la position de mon choix : debout, assise, accroupie etc... Et je préfère éviter les étriers.
*  Je préfère que le personnel médical soit limité à la sage femme dans la mesure où la naissance se déroule sans problème particulier
*  je ne souhaite pas l’épisiotomie systématique et préfère la déchirure. Cependant, j’apprécierais que l’on me guide de manière à préserver mon périnée au mieux.

Au troisième stade du travail

L’OMS le définit par le décollement et l’expulsion du placenta.

*  je désire que cette phase soit le plus naturelle possible,
*  je ne souhaite pas d’expression abdominale
*  je ne souhaite pas de tension sur le cordon
*  je ne souhaite pas d’ocytociques
*  dans la mesure où tout va bien, même si la délivrance tarde, je préfère éviter toute médicalisation. Je préfère l’attente et les méthodes douces (telle que mettre bébé au sein pour provoquer des contractions),
*  Je préfère que le cordon soit clampé au moment où il aura cessé de battre,

*  je ne souhaite pas l’exploration de la cavité utérine systématique.

L’accueil du nouveau né


Dans la mesure où mon/notre bébé va bien :

* je désire le garder sur moi autant que je le souhaite,
* je préfère éviter l’aspiration gastrique (désobstruction des voies respiratoires), ainsi que l’administration de gouttes dans les yeux (auréomycine) de vitamine K tout de suite à la naissance et tout acte médical inutile
* Je préfère que la pesée soit faite quelques temps (heures) après la naissance,

* Je préfère que la taille soit mesurée quelques jours après la naissance (évitant ainsi de l’étirer),
* Enfin nous souhaiterions que le bain ne soit pas donné rapidement ni par une autre personne que son père ou sa mère.

Le père ou l’accompagnant

*  Je souhaiterai que mon conjoint soit présent tout le long de l’accouchement, même si une césarienne s’avère indispensable.

Accouchement : naissance

*  A tout instant je souhaiterai pouvoir m'isoler dans une pièce fermée pour me ressourcer, si à ce moment je ressens comme une menace la présence des personnes intervenantes
· Je ne souhaite pas de péridurale tant que l’accouchement se déroule bien. Par contre des bains, de l’acupuncture, de l’homéopathie, des huiles essentielles, du soutien….seront les bienvenus
*  Lors de la phase d’expulsion, s’il y a progrès et que le bébé et moi sommes en bonne santé, je ne souhaite pas qu’on intervienne (instruments ou injection d’ocytocines), même si la durée semble plus importante que la norme.


En cas de césarienne 

Si la césarienne est réellement nécessaire (condition vitale), je désire :



*  Je souhaite avoir accès à des informations claires et aux véritables motivations d’une césarienne
*  Je souhaite être consciente grâce à une rachianesthésie plutôt qu'une anesthésie générale
*  Je souhaite que le champ opératoire soit baissé au moment de la sortie du bébé pour que je puisse le voir au dessus de mon ventre

*  J’aimerai voir et toucher immédiatement mon bébé
*  Je ne veux pas que l’on soit séparés si son état de santé est bon
*  J'aimerais que la mise au sein soit la plus rapide possible

En cas de problème de santé chez le bébé après sa naissance

*  Nous souhaiterions avoir accès à des informations claires en cas de maladie ou anomalie, et que chaque décision soit prise en concertation avec mon mari et moi même
*  Nous souhaiterions que la proximité mère/enfant soit maintenue au maximum, ou du moins que la présence du papa soit maintenue en permanence auprès du bébé
*  Je souhaiterai pouvoir l'allaiter en tirant mon lait, et que ce lait soit donné á la pipette ou à la tasse par le papa


Après la naissance

*  Je souhaite que la délivrance soit naturelle et non manuelle, sans traction sur le cordon ou injection d'ocytocines, favorisée par la mise au sein 
*  Je ne souhaite pas qu’il reçoive de biberon de lait industriel, d’eau glucosée, ni de sucette

Le départ

Je souhaite dans la mesure où l’accouchement s’est bien passé :

*  quitter la maternité quelques heures après l’accouchement (décharge),
*  être suivis, mon bébé et moi même, par une sage femme libérale à notre domicile




Fait à ………………………………………………………..…, le …………………………,


Signature des demandeurs :              Signature de l’équipe médicale ou de la sage femme :
                        

Posté par catant à 16:14 - Grossesse/Naissance - Commentaires [0] - Permalien [#]
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