lundi 6 octobre 2008
Je vous présente : Bien Naître Parents
Je suis moins présente et investie ces derniers temps sur mon blog et pour cause...je suis fort occupée avec mon quotidien d'une part mais également avec mon "nouveau bébé" d'autre part. Mais je suis là et heureuse de vous présenter : Bien Naître Parents qui vient tout juste de voir le jour. Je ne vous cacherais pas que ce n'est pas sans une petite boule au ventre de peur et d'excitation que je me lance !
Attendre un bébé et le mettre au monde peut paraître, à première vue, un évènement quelque peu banal sachant que les femmes le vivent depuis la nuit des temps. Pourtant, pour la femme enceinte qui va découvrir, ressentir et vivre ses premiers changements dans son corps et dans sa tête, il s’agit d’une expérience pour le moins magique, voire initiatique.
Pourquoi des ateliers autour de la naissance ?
La plupart du temps, nous pensons qu’il n’existe qu’une seule manière d’envisager la naissance d’un enfant. Cette façon d’entrevoir la venue au monde d’un bébé est véhiculée par nos idées reçues, nos mœurs et notre culture. Le manque d’informations sur les différentes possibilités d’accouchement fait cruellement défaut. C’est pourquoi Parents Partages vous propose les ateliers « Bien Naître Parents » , animés par Catherine, Ass. Psychologue clinicienne. Lors de ces différentes rencontres, mon objectif principal est de permettre aux futurs parents d’avoir la possibilité de choisir la naissance qu’ils désirent pour leur bébé. Dans ce sens, j’aimerais mettre l’accent sur l’importance pour les parents d’être les « acteurs conscients » dans la venue au monde de leur enfant au sein du foyer familial.
Avec les Ateliers « Bien Naître Parents » , je vous propose un accompagnement individualisé et à votre rythme. Ces rencontres prénatales se veulent avant tout être un lieu d’échange, de partage et d’écoute afin d’accompagner au mieux la parentalité naissante dans son cheminement. Ces ateliers s’adressent donc aux personnes désireuses d’informations éclairées sur la grossesse et l’accouchement. C’est dans cette optique que nous parcourons ensemble les informations utiles et nécessaires qui mèneront vers une naissance plus naturelle, consciente et respectée du bébé et de la maman.
Mon rôle pourrait se définir comme une accompagnante non médicale qui offre de l’information et un soutien psychique et émotionnel à la mère ou au couple pendant la grossesse et la période qui l'entoure. Durant la grossesse, je veille à répondre à vos questions, à éclairer au mieux les décisions que vous avez à prendre, à compléter les informations que vous possédez sur le déroulement de l’accouchement. En résumé, je vous y prépare avec réalisme, selon vos besoins et vos choix.
Infos pratiques :
Durée :
Le cycle complet comporte 7 ateliers,
dont 1 facultatif (Projet de naissance). La durée par atelier est
d'environ une heure. Durant les rencontres prénatales, divers thèmes
vous seront proposés et ceux-ci pourront être modulés au gré de vos
besoins. Je vous propose donc :
Atelier 1 : Rencontre et anamnèse (histoire familiale)
Atelier 2 : La grossesse
Atelier 3 : L’accouchement (1ère partie)
Atelier 4 : L’accouchement (2ème partie)
Atelier 5 : Allaitement
Atelier 6 : Les besoins du bébé
Atelier 7 : Le projet de Naissance (facultatif si les parents en ont déjà un)
Inscriptions :
Pour s'inscrire ou pour plus d'informations, vous pouvez contacter Catherine :
• Soit par téléphone au : 0477/61.24.61
• Soit par e-mail : atelierbiennaitre@gmail.com
Lieu : Nivelles (se situe à 20 minutes d’Ottignies/Louvain-La-Neuve, à 10 minutes de Waterloo et 25 minutes de Bruxelles)
mardi 23 septembre 2008
Les examens de la femme enceinte
En pleine préparation et élaboration de mon syllabus, j'ai pensé qu'il serait plus qu'utile de vous exposer un extrait de ces précieuses informations concernant les examens de la grossesse et les échographies.
Les examens
Michel Odent nous donne trois exemples d’examens dont les résultats peuvent être modifiés au cours de la grossesse :
- le taux d’hémoglobine : il arrive fréquemment qu’au cours du 3ème trimestre, le taux d’hémoglobine varie autour de 9.0 ou 9.5 gr pour 100 ml de sang. N’étant pas toujours au courant des études épidémiologiques, le professionnel de santé peut supplémenter d’emblée la femme enceinte, pensant que ce taux est signe de déficience en fer. Or, un tel taux est normal et même bénéfique durant la grossesse. Il serait donc plus intéressant d’expliquer à une femme enceinte qu’il est normal que son volume sanguin augmente et donc que le taux d’hémoglobine ne fait que mesurer la dilution sanguine, ce qui indique que le placenta (nommé par M. Odent l’avocat du bébé) fait bien son rôle.
- L’hypertension : on inquiète beaucoup les futures mères pour l’hypertension (dont l’effet principal est de réduire la croissance du fœtus et donc risque de plus petit poids à la naissance). Là aussi, les études épidémiologiques montre que l’hypertension gestationnelle est, dans la majorité des cas, physiologique et non pathologique (c’est la pré-éclampsie qu’il faut, bien entendu, traiter)
- Le diabète gestationnel : Un terme comme celui-ci peut rapidement transformé une femme enceinte épanouie en une malade alors qu’il ne s’agit pas d’une maladie. D’ailleurs, beaucoup pensent qu’on ne devrait plus faire le test de glucose (hyperglycémie provoquée) chez les femmes enceintes. Surtout qu’un tel diagnostic n’amène que des recommandations à faire à toutes femmes enceintes : consommer des sucres lents et moins de sucres rapides, faire de l’exercice physique, etc…
Les échographies
Lorsque je pense que pour Bigoudi j'ai passé des échographies mensuelles pensant que c'était très bien, au cas où...Pour Rakagnak, une écho très rapide fin du premier trimestre pour mesurer l'épaisseur de la clarté nucale et au dernier trimestre par "obligation" parce que ma SF préfèrait dans le cadre d'un AAD.
Actuellement, un certain nombre d’études mettent en doute sérieusement leur utilité « quand elles sont faites en routine et non sur indication médicale et qu’on les multiplie » mais aussi leur toxicité. A ce sujet, je vous mets ci-dessous un article intéressant :
Les femmes enceintes doivent éviter les échographies inutiles
Associated Press (AP)
07/08/2006 20h54
Une récente étude effectuée sur des souris indique que les ultrasons peuvent affecter le développement cérébral des foetus. Malgré cela, les chercheurs considèrent que leurs conclusions ne devraient pas empêcher les femmes enceintes de se soumettre à des échographies nécessaires pour des raisons médicales.
Selon l'étude, lorsque des souris enceintes sont exposées à des ultrasons, un petit nombre de cellules nerveuses du cerveau en développement de leur foetus ne parvenait pas à croître normalement dans le cortex cérébral.
«Notre étude sur les souris ne signifie pas qu'il faut abandonner l'utilisation des ultrasons avec les foetus humains, lorsque c'est nécessaire pour des raisons de diagnostic ou dans le cadre d'un traitement médical», a déclaré le docteur Pasko Rakic, chercheur principal et président du département de neurobiologie à l'école de médecine de l'université Yale.
Toutefois, les femmes ne devraient pas subir d'échographies qui ne sont pas absolument nécessaires jusqu'à ce que des recherches supplémentaires soient effectuées sur la question.
Selon l'étude de M. Rakic, si les effets des ultrasons sur le développement du cerveau humain demeurent inconnus, certains troubles seraient causés par le déplacement de cellules du cerveau durant leur développement.
«Ces troubles vont du retard mental et des problèmes d'épilepsie chez les enfants jusqu'aux troubles de l'apprentissage, à l'autisme et à la schizophrénie», ont indiqué les chercheurs dans un article publié mardi dans Proceedings of the National Academy of Sciences.
Des échographies sont effectuées pour déterminer le nombre exact des semaines de grossesse et elles servent aussi ensuite à vérifier la présence de malformations anatomiques et d'autres problèmes.
Sources de l'article :
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2006/08/20060807-205440.html
mardi 9 septembre 2008
Mon projet : Accompagner la parentalité
Afin de peaufiner au mieux mes projets professionnels, je voulais vous soumettre à la lecture de ce billet mes réflexions sur une idée d'atelier pour accompagner les parents et l'arrivée de leur bébé. Pour m'aider à y voir plus clair, je vous serais reconnaissant de ne pas hésiter à me soumettre vos remarques et réflexions sur le sujet, ceci dans le but de peaufiner au mieux mon plan de travail en m'expliquant, par exemple, ce que vous auriez aimer qu'on vous conseille/dise lorsque vous étiez parents en devenir ? A votre avis, sur quel(s) sujet(s) devrais-je mettre l'accent ? etc...
En quelques mots, je vous expose ce projet :
Cela va faire plus de quatre ans que je suis passionnée par le domaine de la périnatalité et du maternage "proximal" en général. Etant moi-même maman de deux enfants, je souhaiterais à présent pouvoir accompagner des mamans ou des couples qui attendent un bébé. Je verrais cet accompagnement plutôt comme des ateliers (il y en aurait 5 à 6 c'est encore à travailler) dans lesquels nous serions amener à faire ensemble un "tour de table". Un chemin ensemble, pour le couple mais aussi avec moi où je serais présente en tant qu' informatrice et guide en quelque sorte. Mon rôle consisterait donc à accompagner mais aussi à informer le couple sur ce qu'est la naissance dans un premier temps, et ce qu'induit l'arrivée d'un premier bébé dans un second temps.
Je serais dès lors amenée à les interroger sur l'histoire de ce bébé (conception, déroulement de la grossesse, éventuel projet de naissance - s'ils en ont un-, etc...). De par ma formation en tant que thérapeute et si l'occasion se présente, je chercherais s'il existe des barrières psychologiques ou une quelconque pathologie qui pourrait compromettre et entraver un accouchement physiologique, ceci afin de mettre en lumière avec les parents les éventuelles peurs et attentes face à la naissance du bébé. A partir de là, nous parlerons de ce qu'est un accouchement physiologique et le déroulement de celui-ci lorsqu'il se passe sans interférences médicales. Nous ferons le tour des aspects les plus importants tels que l'intimité, la liberté de mouvement lors du travail et durant la poussée, l'importance d'écouter son corps, etc... et de la douleur bien sûr. Pour cette dernière, je pense qu'un atelier entier devrait y être consacré car la douleur est un sujet méconnu par les futures mamans. La douleur ne se dit pas ou de façon déformée, est tabou autour de l'accouchement, on n'ose pas ou peu en parler alors que la mère est souvent pleine d'appréhensions, de peurs et de questions. A côté de cela, il serait intéressant, il me semble, de se pencher sur les dangers et les conséquences des interventions médicales inutiles et intempestives lorsque l'accouchement est physiologique (péridurale, instruments d'extraction -ventouse, forceps...- ocytocines (hormones chimiques provoquant les contractions utérines), déclenchement, travail et poussée en décubitus dorsal avec risque de déchirement plus important dû à cette position anti-gravité, épisiotomie, lavement, rasage, soins du nouveau-né dès son arrivée, etc...)
Ensuite, nous parlerons de la naissance et de la rencontre avec bébé, ce moment crucial où l'attachement a lieu. J'évoquerais l'importance du toucher, de l'allaitement, du peau à peau, ... Pour l'allaitement, je pense également qu'un atelier complet devrait avoir lieu; le démarrage de celui-ci dès les premières heures de vie, éviter tout autre aliment, sucette/tétine, à la demande, les différents positions d'allaitement, etc...Bien sûr, je fournirais les adresses utiles à cet égard afin d'optimiser les chances de réussites de l'allaitement (Leche League Belgique). Parrallèlement, seront évoqués la relation de "nourriture affective" qu'apporte le fait d'allaiter. Ensuite, nous parlerons du portage et de ses bienfaits mais à nouveau, pour des renseignements et pour la pratique, je fournirais les adresses d'animatrces de Portage (Parents Partages asbl)
Etant donné que le bébé humain naît de façon "prématurée", j'expliquerais rigoureusement les besoins impérieux et indispensables du bébé pour un développement harmonieux. Besoin de téter, besoin de contact avec le portage, mais aussi le co-dodo, besoin de répondre aux pleurs, plaisir de massages, du bain, des soins naturels, etc...
Mon objectif premier est d'abord d'amener les parents à avoir une autre vision de la naissance et du déroulement de celle-ci, en apportant les informations utiles pour acceuillir leur bébé dans les meilleures conditions. Et surtout, surtout de leur faire prendre conscience qu'ils possèdent en eux toutes les capacités nécessaires pour poursuivre leur histoire d'amour à 3...
vendredi 5 septembre 2008
Vivre pleinement sa grossesse et son accouchement
Une information importante que j'avais envie de transmettre pour les parents et futurs parents intéressés par une naissance consciente. Isabelle BRABANT, auteur d'une "Naissance Heureuse", sera en conférences en Belgique ces 3 et 4 octobre. Pour plus d'informations, visitez l'agenda du site AlternativeS.
dimanche 6 mai 2007
Très bientôt
Je vais mettre au monde mon 2ème enfant, mon BébéCadeau, ce petit bout d'amour de notre chair et notre sang à Monsieur Bidiboule et moi que j'ai attendu si ardemment, si impatiement au fil de plusieurs mois qui me paraissaient interminables. Alors que je n'y croyais plus, que je me sentais tellement coupable de vouloir "tout, tout de suite", que ce désir ardent en devenait ma névrose...voilà qu'un jour, sans que "je ne vois rien, ne sente rien..." ( ), cette petite graine a pris racine au creux de moi. Des racines que je vais prendre plaisir à arroser avec tout notre Amour, notre Tendresse, notre Etre...Pour qu'un jour, mon bébé, mon enfant puisse trouver la force et l'énergie de pouvoir s'envoler par lui-même. Donner goût à la Vie à mon bébé avec mon lait, celui qui va le désaltérer toute sa vie...Que de plaisir en perspective...Et malgré tout, la peur se mélange à ce subtil cocktail émotionnel précédent la naissance...
J'ai du mal à trouver mon équilibre émotionnel à l'approche de la date de notre rencontre. Mon coeur est gonflé à bloc pour recevoir ce don de la Vie :) Et en même temps, la peur de ne pouvoir être à la hauteur m'envahit...
Sans doute parce qu'en donnant la vie, il faut pouvoir accepter de laisser une "partie de soi" pour en retrouver une nouvelle... ?
Hmmm, je savoure à présent chaque instant, chaque moment de cette fin de grossesse, de ce corps remplit de vie, même même s'il me paraît lourd et parfois inconfortable...parce que dedans, y'a que de l'amour, et cette expérience là, à mes yeux, à mon coeur, et à ma chair, elle n'a pas de prix et surtout parce que dedans il y a TOI que j'attends de (re)connaître, toi mon BébéCadeau que j'aime déjà si puissamment.
Ta maman
jeudi 20 avril 2006
Lettre ouverte à Madame la Gynécologue
Suite à la venue au monde dans une structure classique et hypermédicalisée de ma Titebulle, mon besoin d'exorciser ma douleur, ma souffrance suite à cette naissance volée est devenue une priorité qui sans ça, n'aurait sans doute jamais pu, voir venir au monde mon 2ème enfant...Ce goût amer d'une naissance purement et simplement volée, dépossédée. Parce que jeune maman en devenir, je n'ai pas pu/su dire non, par peur, sentiment privilégié pour rendre docile un tas de gens dès le plus jeune âge...
Cette lettre a fait couler de l'encre, a été lue aux Etats Généraux de la Naissance en 2006 par une amie de Max PLOQUIN.
A ce jour, mon souhait le plus cher est, avant tout, que les consciences s'éclairent, afin que nous puissons tout mettre en oeuvre pour que d'autres parents puissent avoir le choix de faire venir au monde leur bébé comme ils le désirent et non comme la société leur impose.
Lettre ouverte à Madame la Gynécologue
Madame,
Il y a 33 mois, une vie naissait en moi. Dès les premiers instants, j’ai voulu comme on me l’avait bien appris, me faire « prendre en charge au plus tôt ». Dans la ville où j’habite vous avez bonne réputation et on dit de vous que vous avez de grandes compétences en matière obstétricales.
C’est avec toute ma confiance et ma naïveté que je me suis remise entre vos mains un mois d’août 2003. Avec mon conjoint, nous avons franchit le seuil de votre cabinet où vous nous avez reçu. Vous m’avez questionné sur la raison de ma visite. C’est avec beaucoup de fierté et d’enthousiasme que je vous ai répondu « je crois que je suis enceinte ». Vous vouliez vérifier tout ça et avez pris votre disque, avez calculez une éventuelle date présumée d’accouchement et m’avez regardé avec stupeur comme un enfant qui ment en me disant « mais enfin, comment savez vous que vous êtes enceinte alors que vous n’avez même pas encore de retard de règles ??? » Vous m’avez fait une échographie. J’ai vu un rond tout blanc et vous m’avez dit « il n’y a rien, revenez quand vous aurez un retard d’au moins 10 jours car là on pourra parler de grossesse d’un point de vue médical… »
Nous sommes ressortis de votre cabinet avec beaucoup de déception et sans réponses à nos questions. Mon conjoint m’a directement fait remarqué votre manque total d’empathie et de chaleur humaine.
Ma grossesse m’avait rendue vulnérable et influençable, je ne m’étais pas rendue compte à quel point. J’ai dit à mon conjoint « On va pas rester sur l’impression de cette seule visite, Madame la Gynécologue prend ses précautions au cas où… » Je trouvé des excuses pour poursuivre avec vous dans cette grossesse car à cette époque, je croyais en l’obstétrique et surtout je la voyais comme indispensable au bon déroulement de tout accouchement.
Nous avons donc poursuivi au fil des mois les rendez-vous mensuels dans votre cabinet. Lors de la découverte de ma non immunité à la rubéole vous m’avez réprimandé, m’avez mise en garde sur les risques et vous m’avez terrifié. Cette fois là, je suis sortie bouleversée, envahie par de la colère contre ma mère qui ne voulait pas me faire vacciner enfant et pleine de culpabilité à mon égard de n’avoir pas su que je n’étais pas immunisée. Désormais, pour ma punition, je vivais cette grossesse dans la peur, la crainte et l’obsession qu’à tout moment je pouvais contracté la rubéole lorsque je voyais des enfants.
Les visites se suivirent et se ressemblèrent. On arrivait, prise de sang avec l’infirmière, prise de ma tension, déshabillée, pesée, décubitus dorsal et pieds dans les étriers, toucher vaginal (col long et fermé) et échographie d’une vingtaine de secondes, rhabillage, règlement de visite et merci/au revoir et au mois prochain. Lorsque je vous posais des questions, vous coupiez court rapidement avec un oui/non, vous disiez que j’étais trop stressée, que je me posais trop de questions…peut-être est-ce cela finalement qui vous dérangeait le plus ? Vous me donniez le sentiment que j’étais une récalcitrante. Vous m’infantilisiez sans cesse, vous aviez pris la position de celui qui sait. Vous aviez pris votre rôle en l’associant au pouvoir. Vote diplôme, votre réputation, votre agenda de ministre, et sûrement votre manque d’humanité envers vos patientes vous ont sans doute poussé à n’être plus qu’un gynécologue obstétricien, même plus une femme, une maîtresse, une amie, une confidente, une mère…juste un diplôme dans un cadre en bois, tamponné « Approuvé pour Accoucher (sic) dans notre société ».
Lors du 6ème mois de grossesse, nous avons voulu faire une reconnaissance anticipée de maternité auprès de notre commune. Seulement, il nous manquait un papier attestant que j’étais bien arrivé à 6 mois de grossesse révolus et votre signature. Je vous ai contacté et vous m’avez envoyé gentiment balader me prétextant que ça pouvait attendre le mois prochain. J’ai été très choquée par votre attitude et blessée par votre réaction. J’ai voulu ne plus poursuivre avec vous, je me suis interrogée sur la suite des évènements, j’ai douté mais j’ai eu peur. Peur d’interrompre ce suivi, peur que personne ne veille prendre en cours une grossesse avancée, peur parce que j’allais enfanter pour la première fois…Alors j’ai continué en vous pensant à mes côtés.
Ensuite, le dernier mois est arrivé. Vous m’avez dit que vous partiriez en vacances peu de temps avant ma date présumée d’accouchement calculez minutieusement par votre disque (29 avril 04). Pourtant, je vous avais dit que mon bébé avait été conçu le 01 août et qu’il naîtrait aux alentours du 24 avril. Mais les mesures de votre appareil échographique savaient mieux que moi, que nous, comme toujours.
J’ai accouché le lendemain de votre retour de vacances. C’était il y a deux ans, par un doux et agréable dimanche d’avril que je me suis rendue où vous accompagnez quotidiennement des mamans dans ce moment si crucial qu’est de donné la vie à son enfant. Une fois de plus, j’avais cru très naïvement que vous seriez là durant le travail, ça me paraissait tellement évident. Lorsque j’ai compris au bout de plusieurs heures de travail que vous ne viendriez qu’à la fin, je vous en ai une fois de plus voulue. Comme un enfant qui croit au père Noël, je me suis sentie trahie, abandonné avec mes peurs, mes doutes et ma douleur. Je suis donc restée de longues heures durant gémissant, mon Homme à mes côtés, m’épongeant, me gratifiant de mes efforts, sans cesse m’encourageant dans ce marathon, cet ouragan hormonal qu’est l’accouchement. Soudainement, une irrépressible envie de pousser est arrivée lors d’une contraction, ce que j’ai signalé…On m’a dit que vous terminiez votre café et que vous alliez arriver qu’en attendant je ne devais pas pousser. Mais ce fût plus fort que moi alors j’ai poussé comme mon corps indomptable me le faisait savoir et je l’ai accompagné contre la volonté de votre personnel. Vous êtes arrivé en vous écriant, comme si on vous aviez été bousculée dans votre planning « qu’est ce qu’il se passe ici ? ». Vous m’avez fait un toucher vaginal habillé en civil et quelques minutes plus tard, vous étiez toute vêtue de vert (masque, bonnet, gant, pantalon…). Si je ne connaissais pas votre regard, je ne vous aurais sans doute pas reconnue. A partir de là, vous avez définitivement ôtez toute humanité dans chacun des gestes que vous avez posé sur mon corps et celui de mon bébé…Alors que je savais parfaitement lors de chacune de mes contractions à quel moment je devais pousser, vous m’avez dirigé, encouragé à pousser, et enfin coupé dans ma chair soit par facilité pour vous, soit par habitude, je ne sais pas ? Par toutes vos paroles, vous avez détruit la confiance en moi à enfanter seule. Une fois la tête sortie, vous avez pratiqué à la lettre et de façon rigoureuse le protocole bien connu de votre service. Enfin, pour je ne sais quelle raison encore, vous avez vous-même pratiqué, sans même laisser la moindre chance à mon corps de l’expulser seule, une délivrance manuelle. J’ai eu l’impression que vous m’arrachiez les viscères ! La cerise sur la gâteau c’est lorsque vous m’avez regardez avec votre sourire condescendant et m’avez dit « La prochaine fois Madame D. faites du Yoga ça évitera le ralentissement de votre accouchement » et vous m’avez piqué à vif le premier point qui allait refermé la mutilation dont je venais d’être victime, comme la plupart des femmes primipares qui enfantent dans votre établissement. Je vous ai demandé de m’anesthésier et vous m’avez dit « mais il n’y en a pas pour longtemps ». J’ai serré les dents et est enfouie cette douleur durant des mois dans mon sexe qui lors de chaque étreinte sexuelle m’a rappelé durant des mois combien enfanter avec Madame la Gynécologue devait faire mal.
J’ai quitté votre établissement, convaincue que vous m’aviez si bien aidé à mettre mon bébé au monde, que vous aviez fait tout ce qu’il fallait. Je vous ai même offert un ballotin de pralines à vous et votre équipe.
Je suis rentrée chez moi et des jours durant, cette épisiotomie m’a fait mal physiquement. Lorsque j’allais à selles, je n’osais pas pousser tellement je sentais que ça ne tenait pas…en effet, un point avait sauté (celui de la fourchette). Et puis ensuite la douleur physique a laissé place à la douleur morale des mois durant.
Aujourd’hui, Je tenais à vous dire, Madame la Gynécologue, que je ne fais plus partie du troupeau de moutons endoctriné par votre meute. D’une certaine manière, vous m’avez rendu service en me poussant à la réflexion. Aujourd’hui, je ne suis plus ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Je suis enfin Moi.
Et une page se tourne,….
Madame D.






