Lorsque je parle de mon maternage en général (tous sujets confondus = accouchement à domicile, allaitement long, portage, co-dodo, éducation non violente, etc...) , de la façon dont j'ai choisi d'élever mes enfants mais aussi de les soigner (ce sujet là j'avoue que j'aime nettement moins l'aborder donc je m'y frotte que très peu, la plupart des gens ne comprendraient absolument pas de tels choix me considérant dès lors comme 'inconsciente' et encore plus lorsqu'il s'agit du corps médical -heureusement il existe des exceptions) ça pose souvent de légères à fortes tensions dans les chaumières, surtout chez les mères.

Je me souviens bien de cette scène où, assise tranquillement autour d'un repas, j'expliquais à la grand-mère de mon mari vivement intéressée par le portage ce pourquoi le petit d'homme avait ce besoin d'être porté au moins toute la première année, à l'inverse des oiseaux qui eux, sont nidicoles et nidifuges...Lorsque tout à coup, la copine de mon beau-père a bondi de sa chaise les larmes aux yeux brandissant :  "mais enfin, tu te rends compte de ce que tu diiiis ? Mes filles ont toujours eu besoin de dormir au calme dans une pièce éloignée, bien allongée sur un matelas..." La question qui me taraude alors c'est "Mais que réveille t-on chez ces personnes qui se sentent offensées ?" Et des exemples comme ceux-ci, j'en ai à la pelle...Même s'il est vrai, je me dois de le reconnaître, qu'une once de militantisme quelque peu rigide était née suite à ma première maternité et aux 'découvertes' que j'avais faites à ce sujet, très vite je compris que je ne pouvais à moi seule argumenter, faire changer les mentalités en quelques paroles bien tournées. Non, non, et non, c'était vain et pas très convaincant et je passais pour pédante alors qu'au fond, qui étais-je pour prétendre que ma façon de faire et voir les choses était mieux ? Meilleure, je ne pourrais avoir cette prétention mais plus adéquate, c'est comme ça que je le ressens. J'ai donc pris le parti de mettre une certaine 'distance émotionnelle', et surtout d'accepter que la plupart des gens n'agissent pas comme ça, convaincus du bien fondé d'une éducation classique où la relation de pouvoir et souvent distale est instaurée dès tout petit. Attention, en aucun cas il ne faut confondre cette éducation respectueuse et non violente avec le laxisme permissif ou encore les parents démissionnaires qui sont de réels et graves problèmes dans nos sociétés où l'enfant, n'étant pas confronté à des limites claires, livré à lui-même, peut rapidemment mal tourné. Aussi, l'expérience de la rencontre avec des personnes qui n'avaient pas fait ces choix m'avait appris, que certaines  étaient prêtes à se remettre en question et à ouvrir un dialogue constructif et respectueux et que d'autres, pour des raisons qui leur appartiennent, préféraient se soustraire ou rester sur leur position lors de ce type d'échange, ce qui était leur droit bien évidemment.  Ce n'est pas simple de ménager les susceptibilités car même avec un discours en "Je", de la CNV (Communication Non Violente) et une dose de diplomatie, comment arriver à simplement se faire respecter dans ses choix et opinions, sans que l'autre ne se sente jugé, offensé par des idées, certes fort divergeantes de la norme culturelle, mais pour le moins tout aussi respectables ? La majorité, ayant donné une éducation 'classique', se sent soudain envahie par la culpabilité. De là découle souvent des interprétations abusives où l'autre a compris les choses d'une certaine manière, comme si ce que je disais était implicite...Le plus difficile à accepter pour moi à l'heure d'aujourd'hui, n'a rien à voir avec des choix en total opposition avec les miens, mais bien que ces mêmes personnes se sentent offensées par mes idées, s'en même s'en rendre compte, peuvent manquer de tolérance à mon égard lorsqu'elles imposent leur choix en se permettant de dire :  "Tu devrais faire comme ceci, cela..." "Moi, j'ai fait comme ça et regarde mes enfants vont bien..." "Une claque n'a jamais tué personne"...Cette dernière remarque elle me scie toujours ! Besoin de se rassurer en se justifiant de la sorte ? Peut-être...Moi, même si mes idées dérangent, tant pis, je continue à les répandre comme des petites graines par çi par là à qui veut bien l'entendre, sans imposer mes choix...


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